Dès le 25 juin 2026, Leo Express, un opérateur de transport privé qui propose des services de transport de passagers par train et par bus en Europe centrale depuis 2012, lance une liaison ferroviaire transeuropéenne quotidienne entre l’Allemagne, la République tchèque et la Pologne, jusqu’à la frontière ukrainienne. Le trajet, long de plus de 1 300 km, reliera la ville polonaise de Przemyśl, située à la frontière avec l’Ukraine, à Francfort et son aéroport, en passant par Cracovie, Ostrava, Prague, Dresde, Leipzig et Erfurt.
Peter Köhler, PDG de Leo Express, explique dans un communiqué publié le 17 décembre dernier que cette ligne « supprime les barrières entre l’Europe de l’Ouest et de l’Est, reliant des centres administratifs, financiers et culturels majeurs ». Les billets, disponibles dès 10 euros, offrent des services à bord comme le Wi-Fi, des prises électriques, une restauration légère, la climatisation et d’autres commodités. À partir de janvier, des billets avec réservation de siège et une classe affaires seront proposés.
Il n’y a pas que le Shinkansen au Japon ! Le célèbre train à grande vitesse permet bien sûr de relier les grands centres urbains très rapidement, mais l’archipel compte également de très nombreux trains touristiques ou historiquesqui circulent sur les petites lignes du réseau. Autant d’occasions de découvrir une autre facette du pays et sortir ainsi des sentiers battus. Voici une sélection de cinq expériences ferroviaires qui prouvent qu’un autre voyage est possible !
Hojo Railway à Hyogo
Cette ligne locale longue de 13,6 kilomètres est l’une des plus petites du Japon encore en activité, mais aussi une des plus charmantes ! Située dans la préfecture de Hyogo, au centre-ouest de l’île de Honshu, elle dessert seulement huit gares. Reliant Ao à Hojomachi, elle traverse des paysages ruraux préservés. La petite cité d’Hojomachi est célèbre pour être la porte d’entrée pour des temples et des sanctuaires célèbres comme le sanctuaire Sumiyoshi et le temple Sagamiji, construits il y a environ 1 300 ans. Le long de l’ancienne route, de nombreuses et magnifiques maisons de marchands témoignent de la prospérité de cette époque. Exploitée depuis 1985, la petite ligne de chemin de fer permet de voyager à bord de matériels anciens, dont certains ont plus de quarante ans. On y cultive une certaine nostalgie ferroviaire dans les trains, comme dans les petites gares desservies…
Située dans la région du Chugoku, cette ligne locale permet de relier le célèbre sanctuaire shinto d’Izumo Taisha, l’un des plus importants du Japon, à la ville de Matsue. Longue de 42 kilomètres, elle offre de belles vues sur les montagnes et sur le lac Shinji. Les cinéphiles trouveront probablement un air de ressemblance entre l’intérieur des trains qui y circulent et celui emprunté par Chihiro dans le chef d’œuvre d’Hayao Miyazaki, Le voyage de Chihiro.
Setsugekka à Niigata
Ce train relie les gares de Jōetsumyōkō et Itoigawa, dans la préfecture de Niigata, toujours sur l’île d’Honshu. Circulant surtout pendant les week-ends et jours fériés, il offre aux voyageurs d’immenses fenêtres panoramiques – les plus grandes jamais installées sur un train au Japon. On ne rate ainsi rien du paysage… A bord, on est confortablement installé dans de larges fauteuils. Pour les plus gourmands d’entre vous , différents menus élaborés à partir d’ingrédients régionaux permettent de réaliser aussi un voyage gustatif !
Ce train touristique relie Osaka à la campagne de Nara, jusqu’au mont Yoshino. Composé de seulement trois voitures restaurées avec soin, il affiche une élégance rétro sans renier le confort moderne. Le temps qui passe à bord de ce train est comme suspendu. Les voyageurs peuvent se détendre dans ses sièges confortables, son bar lounge et dans son espace librairie. Opéré par la compagnie privée Kintetsu, le confort de ses voitures permet de profiter au maximum de la beauté des paysages traversés.
Le Shimakaze le prouve une fois encore : les Japonais savent créer des trains de luxe avec une vraie identité. Il relie directement les grandes métropoles de la région Kansai – Osaka, Kyoto et Nagoya – à la péninsule d’Ise-Shima. Composé de six voitures, notamment de deux voitures panoramiques à l’avant et à l’arrière permettent de ne rien rater de la vue sur la mer et les îles de la baie d’Ise. Le wagon-bar propose des spécialités locales particulièrement délicieuses, comme le bœuf Matsusaka, le homard d’Ise et les huîtres chaudes d’Ago. A déguster en profitant du paysage.
En Autriche, à 1 h30 de train de la gare centrale de Vienne, la ligne du Semmering est un monument ferroviaire exceptionnel. Elle est d’ailleurs la toute première ligne de chemin de fer de montagne à voie normale de l’histoire et est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998.
En 2024, l’Autriche est restée parmi les pays les plus visités au monde. Avec 31,9 millions de touristes, elle a pris la 12ᵉ place dans le classement mondial. La France a occupé la première place avec environ 89,4 millions de visiteurs. En été, la plupart des touristes se dirigent vers des villes comme Vienne, Salzbourg ou Innsbruck. En hiver, les amateurs de neige et de divertissement affluent dans les stations de ski des Alpes.
Pourtant, peu de touristes visitant l’Autriche savent qu’en étant à Vienne, ils se trouvent à seulement quelques dizaines de kilomètres d’un véritable chef-d’œuvre de l’architecture ferroviaire : la ligne du Semmering. C’est l’un des endroits préférés des Viennois eux-mêmes. Lors des journées chaudes, quand la température dans la capitale atteint 35 degrés, ils fuient vers ce col plus frais. Là-bas, il peut faire jusqu’à 10 degrés de moins, et le trajet en train depuis la gare centrale de Vienne dure seulement environ 1 h 30.
La pittoresque ligne du Semmering, avec ses majestueux viaducs, ses ponts et ses longs tunnels, a été construite entre 1848 et 1854. Elle s’étend sur 41 kilomètres et traverse un terrain alpin exigeant en haute montagne. Dès sa création, elle a été considérée comme l’un des plus grands exploits de l’ingénierie du XIXᵉ siècle. C’était la première ligne ferroviaire de haute montagne en Europe.
On estime que jusqu’à 10 000 ouvriers ont participé à sa construction – certains documents parlent même de 20 000. Le résultat de ce travail colossal, ce sont 15 tunnels, 16 viaducs et plus de 100 ponts.
La construction de cette ligne a eu un impact non seulement sur les transports, mais aussi sur la stabilité sociale pendant une période difficile. En 1848, une révolution éclate à Vienne contre l’empereur, la censure et le chômage. Grâce à l’emploi massif sur ce chantier, les tensions entre le pouvoir et les habitants de la monarchie des Habsbourg ont pu être partiellement apaisées. Malheureusement, les conditions de travail difficiles et le manque d’hygiène ont causé la mort d’environ 1 000 ouvriers.
La ligne a été officiellement inaugurée en 1854. L’empereur François-Joseph et son épouse, Élisabeth de Bavière – connue sous le nom de Sissi – ont eux-mêmes voyagé sur cette route à bord d’une locomotive spécialement conçue pour affronter les montagnes.
La zone de la Semmeringbahn commence dans la petite ville peu connue de Gloggnitz, située à seulement 436 mètres d’altitude. Après 29 kilomètres, la ligne atteint son point culminant à 898 mètres d’altitude. Elle se termine à Mürzzuschlag, un important nœud ferroviaire situé à 681 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le lieu le plus souvent photographié sur la ligne du Semmering est le viaduc à deux niveaux de Kalte Rinne, un ouvrage d’art emblématique. Il mesure 184 mètres de long, 46 mètres de haut et son arc a un rayon de 190 mètres. Sa structure monumentale impressionne tellement qu’entre 1968 et 1989, elle figurait sur le billet autrichien de 20 shillings.
L’ensemble de la ligne du Semmering, ainsi que l’immense effort lié à sa construction, ont été inscrits en 1998 au patrimoine mondial de l’UNESCO – devenant ainsi la première ligne ferroviaire au monde à recevoir cet honneur.
Grâce à la construction de la ligne du Semmering, le paysage des localités environnantes a complètement changé. Cette région, autrefois difficile d’accès et presque oubliée, est devenue après l’ouverture de la ligne l’une des zones de villégiature les plus luxueuses près de Vienne.
Encore aujourd’hui, de nombreuses villes conservent des villas élégantes datant de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, qui témoignent de la splendeur passée de cette région.
Le Südbahnhotel à Semmering a accueilli ses premiers clients en 1882. Crédit : D.R.
Bien que la ligne du Semmering, serpentant magnifiquement à travers les montagnes, offre des vues spectaculaires, elle représente aujourd’hui un défi pour le transport moderne. Le trajet sur ce tronçon prend environ 45 minutes, ce qui est considéré comme relativement long.
C’est pourquoi, en 2012, la construction d’un nouveau tunnel de plus de 27 kilomètres a commencé. Ce projet vise à réduire considérablement le temps de trajet. L’achèvement des travaux est prévu pour 2030. Une fois le tunnel ouvert, le trajet devrait être raccourci jusqu’à 30 minutes. La réduction du temps de trajet facilitera la vie de plusieurs milliers de passagers par jour. Avec environ 180 trains quotidiens, il s’agit de l’une des lignes les plus empruntées en Autriche.
Le tunnel, appelé en Autriche le Tunnel de Base, a déjà été creusé. Actuellement, les équipes installent les rails, les câbles et les équipements techniques. Cela permettra de passer bientôt à la dernière phase : les tests. Ainsi, les travaux commencés en 2012 approchent de leur fin.
Ce chantier, considéré comme l’un des plus complexes d’Europe, mobilise jusqu’à 1 200 personnes. En ajoutant la phase opérationnelle et les sous-traitants, on estime que le projet a créé environ 11 000 emplois permanents.
Ce tunnel suscite un grand intérêt, car il réduira le temps de trajet entre Vienne (la plus grande ville d’Autriche) et Graz (la deuxième) de 2 h 37 à moins de 2 heures.
Les journaux autrichiens rapportent régulièrement les avancées du chantier. Les passionnés peuvent suivre la construction en direct grâce aux caméras installées sur place 24h/24. Un centre d’information a même été ouvert à Semmering pour présenter le projet. De temps en temps, des journées portes ouvertes sont organisées pour permettre aux curieux de voir l’évolution des travaux de leurs propres yeux.
Alors, si tu aimes les trains et que tu prévois un voyage en Autriche, n’oublie pas de faire un tour sur cette ligne pittoresque ! C’est une expérience unique qui combine histoire, génie technique et paysages magnifiques.
Jakub Matla
Tu veux découvrir encore plus de faits intéressants sur la Semmeringbahn et voir une carte des sites historiques aux alentours ? Visite le site austriabyoeffis.at !
Pour profiter des parcs naturels et des Rocheuses canadiennes, la traversée de Toronto à Vancouver à bord du Canadien mérite une étape à Jasper. Et en prolongement, s’il y a une expérience ferroviaire unique à s’offrir, c’est celle du Rocky Mountaineer, l’un des trains panoramiques les plus luxueux de la planète.
Cap vers Vancouver ! Partant de Banff, j’atteindrai la Hollywood du Nord dans 48 heures. Des bus spécialement affrétés par la compagnie du Rocky Mountaineer récupèrent les passagers dans les différents hôtels de la ville. Le rendez-vous est fixé à 7 h 00 du matin. Il fait encore nuit noire. Nous voici débarqués dans la petite gare : tapis rouge et accueil très VIP par une équipe de quatre personnes par voiture. Seul train, depuis 1990, à transporter des passagers sur ce parcours historique nommé « le premier passage vers l’Ouest », il emprunte la première ligne transcontinentale du Canada – la Canadian Pacific Railway – inaugurée en 1885 ! Nous sommes environ 350 passagers ; demain, d’autres voitures seront ajoutées pour transporter un total de 600 personnes ! Pas de couchettes à bord : l’escale pour la nuit est prévue à Kamloops. Il y a deux classes : golfleaf et redleaf. En première (goldleaf), la voiture supérieure comprend un dôme panoramique. C’est ici que nous allons passer environ 8 heures, installés dans de confortables fauteuils réglables, avec siège chauffant !
Après un petit-déjeuner premium servi dans la voiture restaurant, le voyage peut commencer. La journée s’annonce rythmée par une cuisine très soignée. L’équipe composée de Dory, Jerry, Holly Ann et Radka, veille à nos moindres envies : boissons à volonté (alcools et soft), snaking sucré ou salé. Très vite, circule le menu du déjeuner ainsi qu’une belle carte de cocktails et de vins. Parmi les cinq cocktail signatures, j’opte pour le dark and rocky (rhum, ginger beer, lime juice). Notre chef de bord est une guide chevronnée autant qu’une merveilleuse conteuse. Déjà dans sa lancée, le Rocky Mountaineer a dépassé l’Alberta et nous voici en Colombie-Britannique. Après la traversée des Rocheuses dont deux fameux tunnels en spirales, lacs et plaines défilent : le trajet s’annonce aussi éblouissant que vertigineux. Autour de moi, certains passagers lisent, d’autres prêts à zoomer portent autour du cou leur appareil photo ou selon les générations, gardent leur smartphone à la main. Nous nous sommes croisés à plusieurs étapes et je les reconnais : il y a d’une part, Joan et Lynn, des Américaines de Nashville avec lesquelles j’avais sympathisé pendant l’excursion à Jasper, et Chuck, originaire de Houston, qui a fait la première partie du voyage à bord du Canadien. Tout naturellement, nous décidons de partager la même table. À la carte, une entrée, deux plats et desserts au choix : « This is a fantastic gastronomic train luxury experience ! » s’exclame l’une mes voisines. L’escale pour la nuit est prévue dans un hôtel de Kamloops. À nouveau, des bus nous attendent à la descente de chaque voiture. Juste avant de nous indiquer les consignes pour le départ du lendemain matin, nos clés nous ont été déjà remises pour nous éviter toute attente. Arrivée dans ma chambre, je retrouve comme par enchantement ma valise. La classe d’un service premium ! Sans passer ni par la case du bar, ni par une visite de Kamloops by night, je rejoins tout simplement les bras de Morphée. Le départ de notre hôtel est prévu à 7h10. À 8h00, le Rocky Mountaineer cinglera vers Vancouver.
Après l’immense lac de Kamloops réputé pour ses esturgeons dont certains peuvent atteindre des tailles exceptionnelles, nous longeons le tracé sinueux de la rivière Thomson qui se jette dans le fleuve Fraser. Chaque lacet permet d’admirer la silhouette de notre train de 25 voitures. Mieux vaut évidemment – comme j’en ai la chance – être située parmi les dernières voitures. Ne risque-t-on de s’ennuyer à passer huit heures ainsi ? Que l’on soit contemplatif ou à tendance hyperactive, cette expérience du train panoramique est fabuleusement apaisante et en même temps, une activité à part entière qui sollicite tous les sens : circuler d’un étage à l’autre, échanger avec les passagers majoritairement américains, australiens et canadiens, profiter de la plateforme extérieure sans oublier l’étape gourmande à la voiture-restaurant ! Soudain, un pont. Puis un tunnel. Et encore un autre. En face de nous, une autre ligne et une route pour un alignement de voies et de voitures. Attention : survol d’un aigle ! De gauche à droite, les passagers-chasseurs d’images ne veulent manquer aucun temps fort : les smartphones restent sur le qui-vive. Sur les derniers kilomètres, peu avant à l’entrée dans Vancouver, j’achève le roman de Michel Jean, Kukum. Son héroïne Almanda, une jeune blanche qui a épousé un indien innu, voit les siens confrontés à la menace du progrès et à l’invasion du « monstre de fer » : « Je déteste leurs trains. Je déteste leurs voies ferrées, elles déchirent le paysage, leurs locomotives hurlent et puent. » Force est d’admettre que si pour le meilleur, cette aventure ferroviaire a permis de réunir les provinces du Canada, en modernisant tout le pays ; pour le pire, elle eut des conséquences terribles sur les Premières Nations du Canada, détruisant l’âme d’un peuple, en prenant leurs terres et en massacrant les forêts. Impossible de ne pas évoquer ce chapitre terrible de l’histoire du pays.
Il est 19 heures. De façon cérémoniale, toute l’équipe nous adresse un discours d’adieu, rappelant qu’à partir de mi-octobre, le train cessera de circuler. Ils partiront pour d’autres missions comme saisonniers, avant de reprendre leur poste pour la saison 2024 qui ouvrira à partir de mi-avril. Nous quittons notre vaisseau avec une pointe de nostalgie. Serait-ce déjà fini ? Comme me confie Chuck, mon comparse américain, en me saluant à la descente du train : « Chacun poursuit sa route. C’est ça le voyage ! ».
Dernière étape de mon odyssée : 24 heures à Vancouver
À la descente du Rocky Mountaineer, des bus nous acheminent vers nos hôtels respectifs. Le mien qui fait partie de la chaîne Fairmount est situé downtown car une fois encore, c’est un établissement du groupe lié à l’histoire ferroviaire du Canada. La Canadian Pacific Railway l’a fait construire entre 1928 et 1939. Et pour ne pas être dépaysée, j’apprends que le nouveau restaurant – Notch 8 – ouvert il y a un an, est inspiré dans sa décoration de l’esprit années 30 du voyage en train ! Si vous vous interrogez sur la signification de ce terme anglais : il fait référence à l’encoche 8 – vitesse maximale ! – du moteur diesel d’une locomotive.
Quoi faire en si peu de temps dans la Hollywood du nord ? Prendre le pouls du quartier Ouest de la ville et traverser cette forêt de gratte-ciels en voiture (ou sinon en bus Hop and Top), un mixe de bureaux et d’appartements résidentiels, puis l’incroyable China Town et ses vieux immeubles de briques datant de la fin du XIXe pour certains, longer la marina de Coal Harbour jusqu’au parc Stanley, en revenant par l’université de British Colombia et apercevoir West Vancouver. Enfin, à proximité de mon hôtel, il me reste deux visites incontournables à faire : la Christ Church Cathedral, construite en 1889, remarquable pour sa charpente en bois ; et la galerie-musée en hommage à l’artiste autochtone de la première nation haïda, Bill Reid (1920-1988). Cette galerie d’art expose ses œuvres ainsi que des artistes autochtones de la région du Pacific Northwest. Cette mise en valeur de sculptures, peintures et bijoux en exposition permanente, est enrichie d’œuvres d’artistes contemporains d’un art enfin réhabilité.
Florence Batisse-Pichet
Informations pratiques
S’il est plus simple de faire appel à une agence de voyages pour coordonner l’ensemble des réservations, voici les principaux sites. Notre recommandation est de faire appel à l’agence française spécialiste des voyages en train : www.discoverytrains.net.
• L’office du tourisme du Canada : travel.destinationcanada.com ; www.banfflakelouise.com ; ww.tourismealberta.ca ;
Pour les vols Paris-Toronto et Vancouver-Paris, vols directs Air France : wwws.airfrance.fr
• Pour connaître le détail des voitures et les tarifs sur le Canadien et le Rocky Mountaineer :
« L’important c’est la rose » chantait Gilbert Bécaud. On ignore si c’est en écoutant ce tube que le maire de Chédigny a eu l’idée d’associer le destin de son village à la célèbre fleur, mais en choisissant cette voie, il a changé le destin de ses administrés. C’est à Pierre Louault que l’on doit cette transformation. Celui qui a été maire de Chédigny pendant 40 ans a reçu une aide précieuse pour accomplir son projet, celle du célèbre rosiériste André Eve, disparu en 2015. Plantées aussi bien par la municipalité que par les habitants, les fleurs sont partout chez elles à Chédigny.
Un cercle vertueux s’est progressivement mis en place. Les fleurs attirent de nombreux visiteurs, ce qui permet l’installation d’artisans d’art et de commerçants. La population du village se développe à nouveau et l’école primaire reste ainsi ouverte. Ce combat a été récompensé par l’obtention du label “Jardin remarquable”. Chédigny a été le premier village à l’obtenir. Signe qu’on n’abuse pas ici des produits phytosanitaires, les massifs de fleurs accueillent une foule frénétique d’insectes butineurs – le miel produit localement est d’ailleurs un délice ! Aujourd’hui, les visiteurs s’enivrent du parfum de plus de 1000 pieds de rosier, de 400 espèces différentes. Parmi celles-ci, citons la « Petite coquine de Chédigny », née grâce au seul travail… des abeilles !
Jouxtant l’église du village, le Jardin de curé mérite également une visite. Traditionnellement un jardin de curé est un jardin clos où les plantes cultivées ont toutes une utilité. C’est essentiellement un jardin potager. Pour la messe, on plante aussi des pieds de vignes et quelques fleurs pour décorer l’autel. Des plantes médicinales y sont également cultivées pour soigner petits et grands maux.
A noter que plusieurs évènements se déroulent tout au long de l’année à Chédigny comme la Fête de la rose au mois de mai ou le Festival de bouche et de blues qui se tiendra cette année les 24 et 25 juillet. Au programme… du blues bien sûr et de la gastronomie avec des kiosques qui permettent de goûter une multitude de plats paysans en petites portions, façon tapas.
Comment y aller ?
Desservie par la ligne Tours – Loches, la gare de Chambourg-sur- Indre. Les trains du réseau Rémi autorisent le transport des vélos. Parfait pour rejoindre le village fleuri. Un trajet d’un peu plus de 15 minutes. Depuis Loches, le trajet dure 1 h.. Durant l’été, un service de car reliera Loches – Chédigny et Chenonceau avec plusieurs rotations chaque jour.
Prendre le train entre Calcutta, la grande mégalopole du Bengale occidental, et Varanasi, l’ancienne Bénarès, une ville parmi les plus sacrées d’Inde, est un voyage dans l’espace, mais aussi un voyage dans une société indienne, formidable de complexité et d’une variété infinie de couleurs, d’odeurs et de visages.
L ‘arrivée en Inde sonne toujours comme un coup de poing. Les tout premiers contacts avec une grande ville indienne : la foule, la chaleur, une pluie de mousson qui transperce tout. Aucun doute : nous sommes dans un autre monde. Calcutta – Varanasi : deux villes séparées d’un peu plus de 700 kilomètres, aux caractères opposés. Calcutta, l’intellectuelle insoumise, et Varanasi, la mystique, présentent deux visages de l’Inde, un pays continent qui en compte encore beaucoup d’autres.
À Calcutta, dans le quartier de Barabazaar, vous vous confronterez à la diversité religieuse de la ville. Temple, synagogue, mosquée, cathédrale, église arménienne : les différents cultes ont trouvé ici leur place. Le quartier accueille un marché important et vous y goûterez aux joies du bain de foule. Alors que je m’y promène, un orage de mousson éclate, en quelques minutes l’eau est partout. L’averse est si forte qu’elle couvre le bruit de la circulation malgré l’usage immodéré du klaxon par tous les usagers de la route.
Calcutta porte toujours l’héritage du Raj britannique que les habitants de la ville se sont réappropriés. Une visite au Victoria Memorial le prouve. Conçu pour accueillir l’élite coloniale, le lieu est aujourd’hui résolument indien. Dans le parc autour du musée où trône une statue de la reine Victoria, les jeunes amoureux se font la cour un peu partout et des familles se promènent en les observant d’un œil discret. Ensuite, rendez-vous au cimetière anglais cernant l’église Saint-Jean de Calcutta, l’une des plus anciennes de la ville. Le lieu permet de s’extraire de la frénésie de la capitale bengalie et de se confronter à tous ces destins britanniques racontés en quelques informations lapidaires propres aux pierres tombales. L’ombre des arbres ondule sur les tombes et, à part quelques écureuils, aucun visiteur en vue. Le calme tranche littéralement avec le chaos bruyant de Barabazaar.
Calcutta, ville de contrastes
La vie dans la « Cité de la joie » n’est pas toujours une partie de plaisir. La nuit, des familles entières prennent possession des trottoirs et y camperont jusqu’au matin. Le flot de mendiants réclamant le bakchich est ininterrompu. Comme souvent en Inde, la pauvreté et le dénuement côtoient quotidiennement la richesse et le luxe. Ainsi, si Calcutta était à la pointe du combat pour l’indépendance, la ville n’en a pas moins gardé ces clubs de gentlemen, héritage britannique (au même titre que le cricket), où se retrouvent les hommes bien nés. On ne badine pas avec l’étiquette en Inde.
Calcutta c’est aussi une ville littéraire, de Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature 1913, jusqu’à Arundhati Roy ou Vikram Seth. C’est également le berceau d’un cinéma d’auteur aux antipodes des productions de Bollywood. Calcutta est souvent agitée par de nombreux mouvements sociaux. Régulièrement des grèves et des manifestations paralysent des quartiers entiers. Dans le taxi qui me mène à la gare, je croise quelques protestataires qui, les poings et les dents serrés, agitent des pancartes devant des policiers impassibles armés d’impressionnants bâtons. Le face-à- face est tendu, mais déjà le taxi s’éloigne vers le train, vers Varanasi, sans que le chauffeur n’ait jeté le moindre coup d’œil sur les manifestants.
La gare de Howrah Junction est là, imposante. Elle ressemble à un étrange château fort de brique rouge. En ce début de soirée, le hall de départ et les quais de la plus grande gare indienne (et la deuxième la plus fréquentée) sont assaillis par les voyageurs en partance. Mon train, l’Amritsar Mail, s’ébroue enfin dans un grand craquement et laisse entendre la longue plainte des crissements des rails. Comme son nom l’indique, il rejoint en un peu moins de 40 heures, Amritsar, au Penjab, principal centre religieux du Sikhisme, à la vitesse moyenne de 70 km/h, une moyenne plus que respectable pour le réseau indien. Tractée par une locomotive électrique Wap-4, la vingtaine de voitures va traverser le Bihar avant d’entrer dans l’Uttar Pradesh, l’État de Varanasi, où je devrais arriver dans un peu plus de douze heures. Le temps de passer une nuit réparatrice dans la cabine de première classe que je suis parvenu à réserver – les réservations dans ces voitures partant souvent comme des petits pains.
L’Inde est un pays qui se visite en train. Le réseau est immense et les tarifs imbattables même lorsque vous voyagez en première ou en seconde classe avec des voitures climatisées. Efficace, plutôt confortable, le train rassure, tandis que l’expérience du bus indien est plutôt anxiogène, tant la route y est une jungle. On n’y manque jamais de chaï, ce thé lacté, épicé et sucré, véritable boisson nationale et surtout on ne s’y sent jamais seul. Entre deux voitures, on y tolère parfois les cigarettes et les rencontres fortuites. La grande fraternité des fumeurs fonctionne ici pleinement : un petit bavardage conventionnel, parfois un échange de tabac, puis des « bon voyage ! » et toutes sortes de politesses qu’on se dit lorsqu’on a peu de choses à se raconter.
Distance et vétusté du matériel, les voyages sont longs en Inde. Assez pour vivre une petite vie le temps d’un voyage : le trajet le plus long, entre Kanyakumari dans l’extrême sud et Dibrugarh dans le nord-est, s’effectue en plus de 80 heures ! Les journées y sont longues, parfois brûlantes, et les nuits souvent glaciales. Dans la voiture, beaucoup de familles, quelques routards fermement accrochés à leur sac à dos et des voyageurs de commerce, des rêves de réussite plein la tête. Vite, tout ce petit monde discute, échange des victuailles, se met à l’aise et déjà, un employé des Indian Railways vient déplier les couchettes. Et nous nous endormons, bercés par le lent roulis du train qui traverse les plaines désolées du Bihar. Quelques heures après, le jour se lève et doucement la plupart des couchettes s’agitent, c’est l’heure du réveil. Une procession de voyageurs, les yeux rougis par la fatigue, se dirige vers le lavabo en bout de voiture pour effectuer une toilette sommaire.
La campagne prend des teintes dorées, déjà des paysans sont accroupis dans leur rizière. Très vite, le soleil grimpe et devient implacable. Il écrase le paysage de chaleur. Et rappelle les mots d’Alberto Moravia dans L’Inde comme je l’ai vue : « La plaine indienne d’un vert pâle, trop clair, mélancolique, funèbre, baignée de brumes de chaleur, noyée dans un soleil malade, silencieuse, informe, irréelle. » Alors que j’arrive à Varanasi, le soleil est au zénith et, en quelques pas sur le quai bondé, je suis trempé de sueur.
A Varanasi, la ferveur commence à la gare
La gare de Varanasi Junction, aussi nommée Varanasi Cantonment (Cantt.), présente une étrange architecture, c’est une drôle de bâtisse en stuc jaune et rose. Dans la gare, sur les quais, le chaos resplendit. L’armée des porteurs de bagages, des rabatteurs et des chaï wallas (marchands ambulants de thé) se mélangent aux pèlerins, aux sâdhus, aux yogis aux robes safran et à quelques hippys aux visages christiques. Nombreux également sont ceux venus chercher les vertus curatives des eaux du Gange et toutes les variantes du boitement rythment le lent flot des passagers. La gare est une véritable cour des miracles ferroviaire.
D’abord nommée Kachi, puis Bénarès, Varanasi est l’une de plus vieilles villes du monde toujours habitées. Depuis plus de 3 000 ans les pèlerins se perdent dans ses ruelles, descendent les marches qui les séparent du sacré et rêvent de mourir ici même dans la promesse d’en finir avec le cercle des réincarnations. Le temps ne semble pas avoir de prise ici. La modernité s’est arrêtée aux ampoules colorées et aux sonos survoltées des temples. Entre les vaches sacrées et des sâdhus déambulant à moitié nus, le corps couvert de cendres dans des rues perpétuellement encombrées, il n’est pas évident de se frayer un chemin. À chaque pluie de mousson, les venelles sont inondées et partout flotte détritus et excréments.
Les Ghâts (littéralement les marches) qui mènent au Gange sont au centre de la vie de la cité qui en compte 77. Lieux de prières, de crémations, l’action est la plupart du temps religieuse. La ferveur déborde largement des multiples temples de la ville et partout de petites échoppes vendent des images pieuses et des offrandes. Le fleuve enregistre des records de pollution à Varanasi, ville où les Hindous viennent mourir dans l’espoir d’accéder directement au nirvana. L’eau du Gange est pour eux sacrée et tous les jours, ils sont près de 60 000 à s’y baigner. Une série d’études a constaté que la présence de matières fécales dépassait de 250 000 fois les normes préconisées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors évitez d’imiter ces pèlerins qui dès l’aube pratiquent leurs ablutions dans une quasi-extase mystique. Il existe ici une profondeur mystique que nos sociétés matérialistes ont depuis longtemps oubliée. Déjà, Pierre Loti notait au siècle dernier cette vérité : « Sur les mystères de la vie et de la mort, les sages de Bénarès détiennent des réponses qui satisfont le mieux à l’interrogation ardente de la raison humaine. »
Cérémonie lumineuse sur un Ghât bondé. Crédit : M.E. Bonnet
Le goût de l’Inde reste longtemps en bouche. Lumières, visages, odeurs subsistent longtemps après avoir quitté le pays. L’Inde ne laisse personne insensible. Certains visiteurs ne supportent pas ce qu’ils y vivent. D’autres ne jurent que par cette folie enveloppante. D’autres encore mêlent ces deux sentiments et heureux d’en partir, se promettent peu après d’y revenir. Une chose est sûre, on en revient transformé. On ne « fait » pas l’Inde, c’est l’Inde qui vous fait. L’écrivain britannique Rumer Godden, qui dirigea longtemps l’école de ballet de Calcutta, nous aura prévenus : « Une fois que vous aurez senti la poussière de l’Inde, vous ne vous en libérerez jamais. »
Depuis la gare de Vintimille, on peut accomplir le voyage jusqu’à Gênes en moins de deux heures. La capitale de la Ligurie et l’un des ports les plus importants de la mer Méditerranée. Sa longue histoire lui a laissé un riche patrimoine à découvrir le temps d’un week-end.
Afin d’arriver à Gênes, le train longe la côte ligure. Sur le trajet s’égrène le nom de gares comme Sanremo, Imperia ou Savona. Arrivé à destination, en gare de Gênes Piazza Principe, la ville s’ouvre à vous. Inaugurée en 1860, la gare est l’œuvre d’Alexander Mazzucchetti, un architecte à qui on doit notamment la gare de Turin Porta Nuova. En sortant de la gare, une station de métro cueille les voyageurs dès la sortie du train. Cinquième réseau urbain italien par sa taille, le réseau de la ville permet d’accéder à de nombreux lieux incontournables de la ville.
Maupassant lui arrive à Gènes par la mer et décrit dans La vie errante sa rencontre avec le port ligurien : « Au fond du golfe, la ville se soulève comme si elle sortait des flots, au pied de la montagne. Le long des deux côtes qui s’arrondissent autour d’elle pour l’enfermer, la protéger et la caresser, dirait-on, quinze petites cités, des voisines, des vassales, des servantes, reflètent et baignent dans l’eau leurs maisons claires. »
La République de Gênes
Rivale historique de Venise pour le contrôle du commerce maritime, l’industrieuse Gênes a marqué l’histoire européenne et méditerranéenne de son empreinte. La République de Gènes est une thalassocratie de premier plan. Elle s’appuie sur des comptoirs commerciaux installés sur tout le pourtour méditerranéen, mais également jusqu’à la mer Noire à l’Est et jusqu’à la Manche à l’Ouest. L’incroyable puissance de la cité maritime se retrouvent aujourd’hui dans les palais des grandes familles nobles de la ville.
A Gênes, on se perd avec joie dans les venelles du centre historique. Ce dédale de ruelles – baptisées par les Gênois « carruggi » constitue en effet un labyrinthe efficace pour perdre le visiteur d’un jour. La cathédrale San Lorenzo, zébrée de gris et de blanc comme souvent en Ligurie, le Palazzo Ducale qui servait de résidence aux Doges et de siège du gouvernement de la Superba, comme on surnomme la ville, et le théâtre Carlo Felice, principal opéra de Gênes : le centre historique compte de nombreux monuments qui se dévoilent au détour d’une ruelle.
Une cité verticale
Ville verticale, on explore Gênes à pied, en funiculaire, en train ou même en ascenseur, comme celui de Castelleto et ses vitraux Art nouveau ou celui de Montegalletto, qui rejoint le Musée des cultures du monde. Le petit train à crémaillère de Granarolo permet de grimper tout en haut de la colline et jouir ainsi d’une vue imprenable sur la cité et sur son port.
Sa longue histoire lui a laissé un riche patrimoine, tandis que sa culture gastronomique rayonne bien au-delà des collines qui entourent la ville. Le pesto genovese bien sûr, exclusivement préparé dans un mortier avec du basilic génois AOP. La focaccia se décline ici à l’infini et la farinata, une pâte à base de farine de pois chiches, se déguste dans les traditionnelles « sciamadde », ces petits établissements dotés d’un four à bois. Joie de la street food, les anchois frits minute sont servis en cornet.
Si sa rivale de toujours Venise peut sembler aujourd’hui dénaturée par le tourisme de masse, Gênes est restée une ville populaire. Partout dans la ville, les supporters ultra des deux grands clubs locaux de foot, le Genoa et la Sampdoria inscrivent sur les murs l’amour de leur équipe et la haine de leur éternel rival. Une opposition sur le terrain du sport, mais aussi sur celui de la politique, les supporters de la Genoa étant marqué à gauche, tandis que ceux de la Sampdoria embrassent souvent les idées de l’autre côté de l’échiquier politique. Chaque ruelle semble être le terrain de cette rivalité. En descendant vers l’aquarium de Gênes, l’un des plus grands d’Europe où on peut admirer quelque 600 espèces différentes, ainsi que le Galata Museo del Mare, pour découvrir l’histoire de la navigation, on trouve une bonne adresse où se remettre de ses émotions du jour. Le tourisme, ça creuse. Rendez-vous au restaurant Cavour 21 (Piazza Cavour 21r). Cette adresse populaire, toute en simplicité, dont la salle est constamment remplie de mangeurs heureux vaut le détour. Souvent plein, il suffit de laisser son nom et de repasser à l’heure convenue, vous pouvez également boire un verre en attendant devant l’établissement. Votre attente sera récompensée par des plats canailles, issus de la riche tradition culinaire ligurienne, arrosés de vins locaux à des prix très abordables. Une conclusion parfaite à votre escapade génoise.
Dans le sud de l’Alsace, Mulhouse est facilement accessible et recèle de nombreux trésors. Les curieux et les férus de technologie y découvriront hors des sentiers battus des musées uniques en Europe et une cité dynamique.
Situé dans le sud de la plaine d’Alsace, au confluent de l’Ill et de la Doller, Mulhouse attire peut-être moins de visiteurs que Colmar ou Strasbourg, mais elle a aussi beaucoup à offrir. Haut lieu de l’industrie alsacienne, elle préserve un important patrimoine et ne compte pas moins de onze musées ! Mulhouse est la destination parfaite pour un week-end ou un court séjour urbain, entre culture, nature et gastronomie. À seulement quelques heures de Paris et Lyon en train, et à quelques kilomètres des frontières suisse et allemande, entre Vosges et Rhin, on y arrive par la massive gare de Mulhouse-Ville, construite en 1933, reconnaissable par sa façade de grès rouge, pierre traditionnelle des bâtiments alsaciens.
De la gare, l’itinéraire le plus agréable pour gagner le centre historique est celui suivi par le tram, ouvert en 2006, le long des maisons à arcades du Nouveau Quartier. Les anciens bâtiments industriels sont nombreux le long du pourtour extérieur du centre-ville. Mulhouse, après avoir été un des berceaux de l’industrie, a été un des points de départ du rail en France.
Mulhouse, développée par le rail
L’histoire du chemin de fer a été écrite par des industriels et des ingénieurs visionnaires, des rêveurs qui ont su imposer leur vision et devenir les moteurs de la révolution industrielle. Nicolas Koechlin appartient à cette catégorie. Entrepreneur alsacien ayant fait fortune dans l’industrie textile, il transforme Mulhouse et participe activement à l’économie de sa région. Issu d’une famille d’industriels arrivée de Suisse à la fin du XVIe siècle, l’homme d’affaires contribue dès les années 1820
au développement de Mulhouse. Puis, conscient de l’importance du transport dans la création de nouveaux débouchés pour ses affaires, il lance la ville et l’Alsace dans l’aventure ferroviaire naissante, avec l’étude et la construction en 1839 de la ligne Mulhouse – Thann (la toute première voie ferrée construite en Alsace et la troisième en France) puis, en 1841, de la ligne Strasbourg – Bâle (la toute première liaison internationale).
L’héritage industriel
Aujourd’hui, les anciennes usines se transforment en lieux culturels ou en espaces de vie, et cette culture de l’innovation se retrouve dans les grands musées techniques.
Installé dans l’ancienne filature de laine des frères Hans et Fritz Schlumpf, le Musée national de l’Automobile – collection Schlumpf a pour point de départ l’extraordinaire collection de l’industriel, soit quelque 450 véhicules (la plus grande et la plus prestigieuse du monde !). Ce sont les ouvriers qui ont découvert ce trésor mécanique alors qu’ils occupaient ce site en 1977 pour protester contre leur licenciement. Ou- verte au public par la suite, cette collection est celle de la démesure et de l’extraordinaire, où l’on trouvera bien plus de Bugatti ou de Rolls-Royce que de Peugeot ou de Renault…
La Cité du train de Mulhouse est le plus grand musée européen exclusivement consacré au chemin de fer (50000m2 d’exposition, plus de 150matériels du patrimoine ferroviaire français et des milliers d’objets du rail). Huit installations fixes y évoquent différents aspects du transport ferroviaire tel le bâtiment d’une petite gare de province, un poste d’aiguillage datant de 1900, des signaux, une imposante grue d’une cour de gare, une marquise, un pont transbordeur et même une plaque tournante. Deux autres espaces spécifiques où se trouvent les autres collections du musée accueillent les visiteurs. « Le parcours spectacle » présente, dans l’atmosphère d’un plateau de cinéma de 6000m2, 27 matériels ferroviaires scénarisés autour de six thématiques. Et « Les Quais de l’histoire » délivrent sur 13000m2 l’évolution chronologique de la technique ferroviaire, de la plus ancienne locomotive à vapeur de 1844 au miracle de la grande vitesse ferroviaire. Pour en apprendre plus sur l’histoire textile de la région, poussez les portes du musée de l’Impression sur étoffes. Il commémore une autre industrie qui a longtemps fait la richesse de Mulhouse : l’impression sur étoffes, dite indiennage. Cette collection a été réunie dès 1833, afin de servir d’inspiration aux manufacturiers et à leurs dessinateurs. Un rôle aujourd’hui toujours rempli par l’institution culturelle, où les créateurs et les stylistes viennent chercher leur inspiration… Et ils ont de la matière: le musée préserve près de 50 000 documents textiles !
Parmi les nombreux musées qui vous accueillent à Mulhouse Sud Alsace, la communauté de communes qui intègre une quarantaine de communes de l’agglomération, l’Écomusée d’Alsace, situé à une vingtaine de kilomètres de Mulhouse, permet de déambuler dans un village alsacien d’autrefois, avec ses 80 bâtiments et maisons à colombages, ses artisans et ses animations et fêtes traditionnelles. L’histoire et le patrimoine de l’Alsace reprennent vie dans cet écomusée, le plus grand de France. Bonne nouvelle: il est accessible en transports en commun sur réservation préalable.
Le centre historique
Mais Mulhouse ne se limite pas à ses musées. Son centre-ville vivant, ses façades colorées, ses adresses gourmandes et son Street Art omniprésent font pleinement partie de son identité. Une promenade dans le centre historique permet de découvrir les maisons colorées et de profiter de l’ambiance animée des cafés et des restaurants.
La place de la Réunion est le cœur de la ville et son hôtel de ville du XVIe siècle à la façade rose est la carte postale de Mulhouse. Elle tire son nom du rattachement à la France, en 1798, de l’ancienne République indépendante de Mulhouse. Comme son nom alsacien, Rothüssplatz, l’indique, nous sommes sur la place de l’hôtel de ville, ou plutôt de l’ancien, qui abrite désormais le Musée historique. La façade du bâtiment est remarquable par ses peintures en trompe-l’œil, uniques en France. Les peintures urbaines et les trompe-œil sont une tradition à Mulhouse. Une tradition encore bien vivante avec de nombreux artistes de Street art particulièrement actifs.
Située au n° 11 de la place de la Réunion, la maison Mieg est un bel exemple de demeure bourgeoise du XVIe siècle, et la pharmacie au Lys était déjà une officine d’apothicaire en 1649. De nombreux évènements s’y déroulent, dont le célèbre marché de Noël de Mulhouse. Autre monument à ne pas rater: le temple Saint-Étienne est le plus haut monument protestant de France avec 97 mètres. Pour une bonne dose de nature, prenez la direction du Parc zoologique et botanique. Labellisé « Jardin remarquable » grâce à la richesse de ses collections botaniques, le Parc se mobilise également dans la préservation de la biodiversité et participe depuis plus de 30 ans à la sauvegarde des espèces animales et végétales en voie de disparition, dans le cadre de programmes internationaux. Cette année, une nouveauté: l’ouverture de la zone Horizon Afrique qui accueille 50 nouvelles espèces telles que des girafes, des hippopotames nains ou encore de nombreux reptiles.
Si vous venez en train et que vous séjournez au moins une nuit dans un hôtel de la ville, l’office de tourisme local vous offre le Mulhouse City Pass ! Il vous suffit d’envoyer vos billets et votre preuve d’hébergement par mail à [email protected] avant votre arrivée ou de passer tout simplement à l’office de tourisme pour les présenter. Cette offre est valable jusqu’au 31 décembre 2025, pour un séjour avec au moins une nuit sur place, hors hébergement à titre gracieux.
Office de tourisme de Mulhouse Sud Alsace : 1, av. Robert Schuman, Mulhouse Tél. : 03 89 35 48 48 tourisme-mulhouse.com
Dans le nord-est de l’Italie, entre Gênes et La Spezia, sur la côte ligure, les Cinque Terre attirent de nombreux visiteurs. On y accède en bateau, à pied et surtout en train, le seul véritable lien unissant le reste du monde à ces petits villages accrochés à la falaise.
Des immeubles multicolores, serrés autour de venelles ombragées – les « carruggi » – qui entourent un petit port de pêche ou une petite place animée. Acculés par le relief, les « Terre » se nichent entre les collines abruptes, déclinées en terrasses, et la mer Ligure. Le rouge, l’ocre et le jaune qui tranchent avec le vert et le bleu. D’ouest en est : Monterosso al Mare, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore. Les cinq villages ont chacun leur charme propre et sont tous desservis par une petite gare qui ne désemplit pas pendant la haute saison.
Longtemps préservés comme un secret bien gardé, les cinq villages qui composent les Cinque Terre étaient pratiquement inaccessibles, hormis par la mer, jusqu’à la construction de la voie ferrée reliant Gênes et Pise dans les années 1870. Avant la construction de la ligne, la communication entre les différents villages s’effectuait par bateau ou par des équipages de mules qui crapahutaient sur les sentiers qui dominent les cinq « Terre ». Dans la région, la construction de cette infrastructure ferroviaire a constitué une incroyable prouesse technique.
Un chantier complexe et coûteux
Le projet de chemin de fer des Cinque Terre est lancé par un décret royal publié le 27 octobre 1860 concernant la création d’un chemin de fer ligure qui permettrait de relier la ville frontière de Vintimille à Massa (connectant la ligne au reste du réseau de chemins de fer existant à l’époque dans le centre de l’Italie). La section des Cinque Terre était la plus complexe et la plus coûteuse à construire. La ligne suit les méandres de la côte pour minimiser le nombre et la longueur des galeries. En tout, 23 ponts ont été construits et 51 tunnels ont été percés, couvrant plus de 28 km de l’ensemble de la ligne de 44 km.
L’hiver 1872 a été particulièrement dur pour le chantier… Les intempéries ont provoqué des glissements de terrain et des violentes tempêtes qui ont frappé le chantier. Les ingénieurs ont été obligés de modifier à plusieurs reprises le tracé de la ligne. D’ailleurs certains anciens tronçons de la toute première voie ferrée sont aujourd’hui utilisés par les piétons et les cyclistes.
A l’époque de sa construction, de longues étendues de côte sont inaccessibles depuis la terre. Le transport des matériaux de construction s’effectue donc exclusivement par voie maritime, ce qui impose une logistique particulièrement compliquée. Le 22 juillet 1874, la dernière section de la ligne est mise en service, rompant définitivement l’isolement des Cinque Terre. L’infrastructure est d’abord à voie unique avant que le doublement des voies ne soit achevé dans les années 1970. Ce tronçon de ligne est électrifié avec un système triphasé en 1926, puis converti en courant continu à 3 kV en 1947.
Aujourd’hui encore, le train demeure le meilleur moyen de découvrir ces villages à partir de Gênes, La Spezia ou Levanto. Les trajets sont rapides : trois minutes entre Riomaggiore et Manarola ou entre Manarola et Corniglia pour les plus courts et cinq minutes pour le plus long entre Corniglia et Vernazza. Peu de temps pour apprécier le paysage, d’autant plus qu’une bonne partie de la ligne est en tunnel. Mais quand le paysage apparaît, c’est une claque ! La ligne longe des falaises, semble parfois se faufiler entre les vagues et le maquis.
Paysage en danger
Le paysage des Cinque Terre est sculpté depuis près de 1 000 ans par la main de l’homme. Il a déployé, partout où il le pouvait, des restanques formées patiemment avec des murs de pierre qui retiennent la terre. Luttant contre la pente, il a façonné un paysage découpé en terrasses. Chaque espace disponible est planté. Des agrumes, de la vigne et des oliviers. Certaines terrasses peuvent atteindre jusqu’à 2 km de long et s’étendent le long des pentes abruptes à une altitude variant entre quelques mètres et 400 m au-dessus du niveau de la mer. Essentiellement construites au XIIe siècle, elles sont le résultat d’une approche communautaire de l’agriculture locale. Les murs de pierres sèches sont en général édifiés avec des blocs de grès, colmatés par des cailloux de toutes tailles.
Ce patrimoine est en danger. L’Unesco estimait en 1997, au moment de l’inscription au Patrimoine mondial, que 130 m de murs par hectare de vignoble et entre 30 et 300 m par hectare d’oliveraie étaient à reconstruire de toute urgence. Depuis, plusieurs dizaines d’hectares de vignes et d’oliviers ont été réhabilitées grâce à plusieurs programmes de remise en état du paysage. Mais il s’agit d’un combat constant. Les surfaces cultivées ne cessent de baisser alors que le développement de l’industrie du tourisme provoque l’abandon de l’agriculture traditionnelle. L’écosystème unique et fragile des Cinque Terre est aujourd’hui en danger.
Cinque Terre, cinq ambiances
Situé au milieu d’un petit golfe naturel, protégé par une petite falaise, Monterosso est la plus occidentale des Cinque Terre. C’est également la plus peuplée. A l’ouest du village, au-delà du Colle dei Cappuccini, se trouve la plage de Fegina. La gare de Monterosso donne directement sur les baigneurs. C’est ici que les touristes trouvent les plages les plus étendues et ils sont nombreux à déguster Spritz ou autre sur la promenade qui longe la plage.
Vernazza se déploie le long de la Vernazzola, une petite rivière fougueuse. La vie s’articule autour de la Via Roma qui relie la gare au port, où restaurants, bars, boutiques de souvenirs ou épiceries fines accueillent toute la journée les flots de touristes qui sortent de la gare. Le Castello Doria est aujourd’hui transformé en belvédère et est surtout occupé par les voyageurs. Mais il a été initialement construit pour assurer, dès sa construction au XIe siècle, la protection du port de Vernazza, notamment contre les nombreux raids des pirates. Il faut un peu de courage pour grimper en haut de la tour Belforte, un édifice qui complétait la défense de la ville, mais on est récompensé par une vue impressionnante à 360 degrés sur le village. Construite en 1318, l’église de style gothique ligure de Santa Margherita di Antiochia, patronne de la ville, surplombe la petite cité. Son clocher octogonal est couronné par une tour de près de quarante mètres.
Unique village des Cinque Terre à ne pas avoir été édifié sur la côte même mais tout en haut d’une falaise, Corniglia se mérite. Depuis la gare, il faut gravir les 384 marches qui permettent d’accéder au village qui se serre autour de la petite église blanche de San Pietro, qui domine ses paroissiens depuis le XIVe siècle. Cet escalier, la Lardarina, est une petite épreuve, surtout s’il fait chaud. Mais vous serez récompensés par la vue sur la baie des Cinque Terre. Le petit village de Manarola se niche au cœur de la crique de Volastra. Il s’étend en partie sur un aiguillon rocheux qui surplombe la mer et en partie le long de la rivière Grappa, d’ailleurs, si vous suivez son cours, vous atteindrez un petit hameau éponyme. Particulièrement photogénique, Manarola s’accroche à la roche dominant les eaux cristallines de la mer. Les couleurs pastel des bâtiments, typiques de la région, accentuent la beauté du lieu. A Riomaggiore, les maisons longent la vallée resserrée de la rivière Maggiore, aujourd’hui couverte, la rue principale du village passant juste au-dessus. La calanque où le petit port a été installé est cernée par les collines abruptes où se serrent les maisons. Le village aurait été fondé au VIIIe siècle par des Grecs fuyant la persécution de l’empereur byzantin Léon III l’Isaurien.
Surtourisme
Le lieu est quelque peu victime de son succès et nous ne pouvons que vous conseiller, si vous le pouvez, de choisir la basse saison pour entreprendre votre voyage. Si vous êtes à la recherche de calme et de solitude, passez votre chemin. Depuis le classement des Cinque Terre (ainsi que du territoire de Porto Venere et des trois îles de son archipel, Palmaria, Tino et Tinetto) au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1997, les touristes viennent toujours plus nombreux découvrir ces petits bijoux posés sur la mer Ligure. D’ailleurs, sur les quais, des panneaux demandent aux voyageurs d’occuper tout le quai pour des raisons de sécurité, les groupes de touristes ayant tendance à rester agglutinés devant l’entrée. Sur les sentiers qui permettent de relier les différents villages, les randonneurs sont parfois si nombreux qu’ils sont obligés de s’arrêter et d’attendre patiemment de pouvoir avancer. Les Cinque Terre comptent à peine 5 000 habitants et reçoivent la visite de 3 millions de touristes tous les ans. Un succès qui s’explique très simplement : l’endroit est magnifique ! Les joies de la mer, le bonheur du maquis, la beauté des villages colorés : le cocktail est attractif.
Carpe diem
Au niveau de l’estomac, le visiteur n’est pas en reste ! La gastronomie ligurienne a de quoi contenter tous les appétits. Dans les Cinque Terre, c’est souvent la cuisine génoise qui s’exprime. Le pesto genovese naturellement, exclusivement préparé dans un mortier avec du basilic génois AOP. La focaccia se décline ici à l’infini et la farinata, une pâte à base de farine de pois chiches, permet de prendre le maximum d’énergie avant de s’aventurer sur les sentiers de randonnées. Les anchois frits minute sont servis en cornet. Mais il existe également des trésors typiques des Terre. Le limoncello tiré des citrons de Monterosso est un must. Produit à partir de cépages endémiques Bosco, Vermentino et Albarola, le Sciacchetrà est un vin liquoreux qui a fait la réputation des Cinque Terre depuis le Moyen Age. Le poète latin Pétrarque le célèbre dans son poème épique Africa, tout comme Gabriele D’Annunzio, bien plus tard.
Nous laisserons le mot de la fin à l’écrivain génois Eugenio Montale, prix Nobel de littérature en 1975. Enfant, il passait ses vacances d’été à Monterosso al Mare, où il retournera souvent ensuite. Il a fait des Cinque Terre une source d’inspiration importante de son œuvre poétique. Il expliquait ainsi son attachement à ce lieu unique : « Debout sur les falaises spectaculaires des Cinque Terre, je n’ai ni désirs, ni besoins, ni préoccupations. Je coexiste simplement avec la terre. L’air se purifie et, en regardant vers le bas, je vois une végétation parsemée de maisons et de quelques restaurants, et je pense que c’est la vie dans ses composantes les plus élémentaires : la beauté, la nourriture et la nature. »
Le billet de train, à la fois pour le Cinque Terre Express et pour le train régional qui fonctionne en basse saison, peut être acheté directement à la gare. Vous pouvez également le prendre sur l’application Trenitalia et éviter ainsi les longues queues au guichet. Un trajet coûte de 5 à 10 euros pour adultes entre chacune des gares de la ligne. Les enfants de 4 à 11 ans paient de 2,50 à 5 euros (la moitié du prix du tarif adulte simple). Le prix d’un billet varie en fonction de la période de visite. Réduction le soir : les touristes voyageant entre les villages après 19h30 paient 5 euros pour un trajet. En basse saison, le prix sont plus doux et les touristes moins nombreux. A partir du 3 novembre, un ticket régulier suffit. Si vous prévoyez de prendre plus de quatre trains dans la même journée, mais aussi de randonner sur les sentiers payants, d’utiliser le service de bus entre les villages et les sanctuaires ou simplement de vous sentir libre, la meilleure option est la Cinque Terre Card. La carte Cinque Terre Treno MS Card coûte 19,50 euros par jour, 34 euros pour 2 jours consécutifs et 46,50 euros pour 3 jours consécutifs (adulte), et donne accès aux sentiers payants et, en plus, à un nombre illimité de voyages en train régional sur la ligne Levanto – Cinque Terre – La Spezia.
Après des années de travaux, la maison de Pierre Loti a ouvert de nouveau ses portes au public le 10 juin dernier. Un lieu à l’image de l’écrivain.
Né à Rochefort le 14 janvier 1850, l’écrivain voyageur et officier de marine ne se nomme pas encore Pierre Loti, mais Julien Viaud. Suivant les traces de son frère Gustave, dont les voyages ont modelé ses rêves d’enfants, il se forme à l’école navale de Brest à la fin des années 1860. Dorénavant, l’océan est son domaine, le monde son horizon. De 1871 à 1918, il entreprend de nombreux voyages qui nourrissent les pages d’un journal intime qui servira de base à la construction de ses ouvrages. C’est également à l’occasion de l’un d’eux, qu’il sera pour la première fois nommé Loti. C’est en effet en Polynésie qu’une reine lui attribue ce surnom.
L’histoire familiale de la demeure débute en 1802. Le grand- père maternel de Loti devient propriétaire de cette belle maison construite à partir de la fin XVIIe. En 1871, Pierre Loti rachète la maison à sa mère. Les travaux de décoration débutent six ans plus tard avec l’aménagement de la première pièce orientale qui deviendra plus tard le salon turc. Les années suivantes, il poursuit la transformation de la maison familiale en créant le salon rouge, puis la chambre aux abeilles, la pagode japonaise et la salle gothique. Mais, son « œuvre » ne s’arrête pas là… En 1895, il acquiert le no 139 de la rue et y édifie une mosquée, une salle Renaissance et une salle chinoise. Deux ans plus tard, il achète le n°143 pour y loger son secrétaire Gaston Mauberger.
Pierre Loti a voulu faire de sa maison l’espace où la mémoire de ses périples à travers le monde est préservée. Obsédé par le temps qui passe et par la mort, il entend contrer cette finitude existentielle en accumulant des objets, choisis pour leur puissance évocatrice. Les différents décors de sa maison sont réalisés entre la fin des années 1870 et le début du XXe siècle. Ils doivent mettre en scène les temps forts de son existence et démontrer l’importance de ses richesses matérielles aux yeux de la haute société.
En 1969, le fils de l’écrivain voyageur vend la maison à la mairie qui la transforme en un musée municipal consacré à l’auteur de Pêcheur d’Islande, Aziyadé ou encore Ramuntcho. Le musée Pierre Loti ouvre ses portes en 1973. Fermée au public depuis 2012, la maison accueille de nouveau les visiteurs de- puis le 10 juin dernier, après un important chantier de restauration lancé en 2020. Afin de redonner tout son lustre à cette incroyable demeure, 34 corps de métiers ont été mobilisés sur ce chantier de restauration hors norme. Premier défi: retrouver l’authenticité du lieu. Peu de documents iconographiques permettant de visualiser les différents décors qui s’y sont succédés, un long travail de recherche a d’abord été nécessaire.
Profitez d’être à Rochefort pour découvrir les nombreux trésors de cette ville historique. Surtout ne ratez pas l’Arsenal des mers et la Corderie royale. Cette ancienne manufacture assurait la fabrication des cordages pour la marine royale. Aujourd’hui, on y propose des expositions permanentes et temporaires, des visites guidées, ainsi que des ateliers pour découvrir les secrets de fabrication des cordages. Une autre institution mérite le détour… Installé dans l’Hôtel de Cheusses, première résidence de prestige des commandants de la Marine, le musée national de la Marine présente ses riches collections qui permettent de découvrir l’extraordinaire histoire de l’arsenal de Rochefort, de sa création sous le règne de Louis XIV jusqu’au XXe siècle.
Infos pratiques :
Maison de Pierre Loti. 137, rue Pierre Loti, Rochefort. Tél. : 05 46 82 91 60
Accès :
À 3 h 30 de Paris, 2 h de Bordeaux ou encore 2 h 30 de Nantes. Gare TGV La Rochelle ou Surgères puis en TER jusqu’à Roche- fort. La maison se situe à une vingtaine de minutes de marche de la gare SNCF de Rochefort.