Dès le 25 juin 2026, Leo Express, un opérateur de transport privé qui propose des services de transport de passagers par train et par bus en Europe centrale depuis 2012, lance une liaison ferroviaire transeuropéenne quotidienne entre l’Allemagne, la République tchèque et la Pologne, jusqu’à la frontière ukrainienne. Le trajet, long de plus de 1 300 km, reliera la ville polonaise de Przemyśl, située à la frontière avec l’Ukraine, à Francfort et son aéroport, en passant par Cracovie, Ostrava, Prague, Dresde, Leipzig et Erfurt.
Peter Köhler, PDG de Leo Express, explique dans un communiqué publié le 17 décembre dernier que cette ligne « supprime les barrières entre l’Europe de l’Ouest et de l’Est, reliant des centres administratifs, financiers et culturels majeurs ». Les billets, disponibles dès 10 euros, offrent des services à bord comme le Wi-Fi, des prises électriques, une restauration légère, la climatisation et d’autres commodités. À partir de janvier, des billets avec réservation de siège et une classe affaires seront proposés.
En Autriche, à 1 h30 de train de la gare centrale de Vienne, la ligne du Semmering est un monument ferroviaire exceptionnel. Elle est d’ailleurs la toute première ligne de chemin de fer de montagne à voie normale de l’histoire et est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998.
En 2024, l’Autriche est restée parmi les pays les plus visités au monde. Avec 31,9 millions de touristes, elle a pris la 12ᵉ place dans le classement mondial. La France a occupé la première place avec environ 89,4 millions de visiteurs. En été, la plupart des touristes se dirigent vers des villes comme Vienne, Salzbourg ou Innsbruck. En hiver, les amateurs de neige et de divertissement affluent dans les stations de ski des Alpes.
Pourtant, peu de touristes visitant l’Autriche savent qu’en étant à Vienne, ils se trouvent à seulement quelques dizaines de kilomètres d’un véritable chef-d’œuvre de l’architecture ferroviaire : la ligne du Semmering. C’est l’un des endroits préférés des Viennois eux-mêmes. Lors des journées chaudes, quand la température dans la capitale atteint 35 degrés, ils fuient vers ce col plus frais. Là-bas, il peut faire jusqu’à 10 degrés de moins, et le trajet en train depuis la gare centrale de Vienne dure seulement environ 1 h 30.
La pittoresque ligne du Semmering, avec ses majestueux viaducs, ses ponts et ses longs tunnels, a été construite entre 1848 et 1854. Elle s’étend sur 41 kilomètres et traverse un terrain alpin exigeant en haute montagne. Dès sa création, elle a été considérée comme l’un des plus grands exploits de l’ingénierie du XIXᵉ siècle. C’était la première ligne ferroviaire de haute montagne en Europe.
On estime que jusqu’à 10 000 ouvriers ont participé à sa construction – certains documents parlent même de 20 000. Le résultat de ce travail colossal, ce sont 15 tunnels, 16 viaducs et plus de 100 ponts.
La construction de cette ligne a eu un impact non seulement sur les transports, mais aussi sur la stabilité sociale pendant une période difficile. En 1848, une révolution éclate à Vienne contre l’empereur, la censure et le chômage. Grâce à l’emploi massif sur ce chantier, les tensions entre le pouvoir et les habitants de la monarchie des Habsbourg ont pu être partiellement apaisées. Malheureusement, les conditions de travail difficiles et le manque d’hygiène ont causé la mort d’environ 1 000 ouvriers.
La ligne a été officiellement inaugurée en 1854. L’empereur François-Joseph et son épouse, Élisabeth de Bavière – connue sous le nom de Sissi – ont eux-mêmes voyagé sur cette route à bord d’une locomotive spécialement conçue pour affronter les montagnes.
La zone de la Semmeringbahn commence dans la petite ville peu connue de Gloggnitz, située à seulement 436 mètres d’altitude. Après 29 kilomètres, la ligne atteint son point culminant à 898 mètres d’altitude. Elle se termine à Mürzzuschlag, un important nœud ferroviaire situé à 681 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Le lieu le plus souvent photographié sur la ligne du Semmering est le viaduc à deux niveaux de Kalte Rinne, un ouvrage d’art emblématique. Il mesure 184 mètres de long, 46 mètres de haut et son arc a un rayon de 190 mètres. Sa structure monumentale impressionne tellement qu’entre 1968 et 1989, elle figurait sur le billet autrichien de 20 shillings.
L’ensemble de la ligne du Semmering, ainsi que l’immense effort lié à sa construction, ont été inscrits en 1998 au patrimoine mondial de l’UNESCO – devenant ainsi la première ligne ferroviaire au monde à recevoir cet honneur.
Grâce à la construction de la ligne du Semmering, le paysage des localités environnantes a complètement changé. Cette région, autrefois difficile d’accès et presque oubliée, est devenue après l’ouverture de la ligne l’une des zones de villégiature les plus luxueuses près de Vienne.
Encore aujourd’hui, de nombreuses villes conservent des villas élégantes datant de la fin du XIXᵉ et du début du XXᵉ siècle, qui témoignent de la splendeur passée de cette région.
Le Südbahnhotel à Semmering a accueilli ses premiers clients en 1882. Crédit : D.R.
Bien que la ligne du Semmering, serpentant magnifiquement à travers les montagnes, offre des vues spectaculaires, elle représente aujourd’hui un défi pour le transport moderne. Le trajet sur ce tronçon prend environ 45 minutes, ce qui est considéré comme relativement long.
C’est pourquoi, en 2012, la construction d’un nouveau tunnel de plus de 27 kilomètres a commencé. Ce projet vise à réduire considérablement le temps de trajet. L’achèvement des travaux est prévu pour 2030. Une fois le tunnel ouvert, le trajet devrait être raccourci jusqu’à 30 minutes. La réduction du temps de trajet facilitera la vie de plusieurs milliers de passagers par jour. Avec environ 180 trains quotidiens, il s’agit de l’une des lignes les plus empruntées en Autriche.
Le tunnel, appelé en Autriche le Tunnel de Base, a déjà été creusé. Actuellement, les équipes installent les rails, les câbles et les équipements techniques. Cela permettra de passer bientôt à la dernière phase : les tests. Ainsi, les travaux commencés en 2012 approchent de leur fin.
Ce chantier, considéré comme l’un des plus complexes d’Europe, mobilise jusqu’à 1 200 personnes. En ajoutant la phase opérationnelle et les sous-traitants, on estime que le projet a créé environ 11 000 emplois permanents.
Ce tunnel suscite un grand intérêt, car il réduira le temps de trajet entre Vienne (la plus grande ville d’Autriche) et Graz (la deuxième) de 2 h 37 à moins de 2 heures.
Les journaux autrichiens rapportent régulièrement les avancées du chantier. Les passionnés peuvent suivre la construction en direct grâce aux caméras installées sur place 24h/24. Un centre d’information a même été ouvert à Semmering pour présenter le projet. De temps en temps, des journées portes ouvertes sont organisées pour permettre aux curieux de voir l’évolution des travaux de leurs propres yeux.
Alors, si tu aimes les trains et que tu prévois un voyage en Autriche, n’oublie pas de faire un tour sur cette ligne pittoresque ! C’est une expérience unique qui combine histoire, génie technique et paysages magnifiques.
Jakub Matla
Tu veux découvrir encore plus de faits intéressants sur la Semmeringbahn et voir une carte des sites historiques aux alentours ? Visite le site austriabyoeffis.at !
Le Portugal a annoncé le 30 octobre avoir conclu un accord avec l’Espagne et la Commission européenne pour engager une série d’actions en vue du lancement d’une liaison ferroviaire directe entre Madrid et Lisbonne. Le projet prévoit un trajet en train en cinq heures à l’horizon 2030. Puis, quatre ans plus tard, une durée réduite à trois heures grâce à des trains à grande vitesse. Actuellement, il n’existe pas de relation ferroviaire directe entre les deux capitales qui sont reliées chaque jour par une quarantaine de vols les mettant à une heure environ l’une de l’autre.
L’Ukraine a inauguré le 5 septembre dernier sa première ligne ferroviaire construite selon les normes européennes adoptant notamment l’écartement standard (1 435 mm) utilisé majoritairement dans l’Union européenne, renforçant ainsi son intégration au réseau ferré européen. La construction de cette ligne a été financée par un prêt de la Banque européenne d’investissement (BEI) et une subvention de l’UE au titre du mécanisme pour l’interconnexion en Europe. Longue de 22 km, elle relie les villes ukrainiennes d’Oujhorod, à la frontière avec la Slovaquie, et de Chop, au sud, près de la frontière avec la Hongrie. Cette nouvelle voie constitue encore une exception dans le pays alors que le reste de son réseau ferroviaire utilise l’écartement large (1 520 mm) comme dans la plupart des anciennes républiques soviétiques. Les temps de trajet en train entre Oujhorod et Chop et vers des villes de l’UE telles que Košice en Slovaquie, Budapest en Hongrie et Vienne en Autriche seront considérablement réduits en évitant une longue rupture de charge à la frontière.
Depuis la gare de Vintimille, on peut accomplir le voyage jusqu’à Gênes en moins de deux heures. La capitale de la Ligurie et l’un des ports les plus importants de la mer Méditerranée. Sa longue histoire lui a laissé un riche patrimoine à découvrir le temps d’un week-end.
Afin d’arriver à Gênes, le train longe la côte ligure. Sur le trajet s’égrène le nom de gares comme Sanremo, Imperia ou Savona. Arrivé à destination, en gare de Gênes Piazza Principe, la ville s’ouvre à vous. Inaugurée en 1860, la gare est l’œuvre d’Alexander Mazzucchetti, un architecte à qui on doit notamment la gare de Turin Porta Nuova. En sortant de la gare, une station de métro cueille les voyageurs dès la sortie du train. Cinquième réseau urbain italien par sa taille, le réseau de la ville permet d’accéder à de nombreux lieux incontournables de la ville.
Maupassant lui arrive à Gènes par la mer et décrit dans La vie errante sa rencontre avec le port ligurien : « Au fond du golfe, la ville se soulève comme si elle sortait des flots, au pied de la montagne. Le long des deux côtes qui s’arrondissent autour d’elle pour l’enfermer, la protéger et la caresser, dirait-on, quinze petites cités, des voisines, des vassales, des servantes, reflètent et baignent dans l’eau leurs maisons claires. »
La République de Gênes
Rivale historique de Venise pour le contrôle du commerce maritime, l’industrieuse Gênes a marqué l’histoire européenne et méditerranéenne de son empreinte. La République de Gènes est une thalassocratie de premier plan. Elle s’appuie sur des comptoirs commerciaux installés sur tout le pourtour méditerranéen, mais également jusqu’à la mer Noire à l’Est et jusqu’à la Manche à l’Ouest. L’incroyable puissance de la cité maritime se retrouvent aujourd’hui dans les palais des grandes familles nobles de la ville.
A Gênes, on se perd avec joie dans les venelles du centre historique. Ce dédale de ruelles – baptisées par les Gênois « carruggi » constitue en effet un labyrinthe efficace pour perdre le visiteur d’un jour. La cathédrale San Lorenzo, zébrée de gris et de blanc comme souvent en Ligurie, le Palazzo Ducale qui servait de résidence aux Doges et de siège du gouvernement de la Superba, comme on surnomme la ville, et le théâtre Carlo Felice, principal opéra de Gênes : le centre historique compte de nombreux monuments qui se dévoilent au détour d’une ruelle.
Une cité verticale
Ville verticale, on explore Gênes à pied, en funiculaire, en train ou même en ascenseur, comme celui de Castelleto et ses vitraux Art nouveau ou celui de Montegalletto, qui rejoint le Musée des cultures du monde. Le petit train à crémaillère de Granarolo permet de grimper tout en haut de la colline et jouir ainsi d’une vue imprenable sur la cité et sur son port.
Sa longue histoire lui a laissé un riche patrimoine, tandis que sa culture gastronomique rayonne bien au-delà des collines qui entourent la ville. Le pesto genovese bien sûr, exclusivement préparé dans un mortier avec du basilic génois AOP. La focaccia se décline ici à l’infini et la farinata, une pâte à base de farine de pois chiches, se déguste dans les traditionnelles « sciamadde », ces petits établissements dotés d’un four à bois. Joie de la street food, les anchois frits minute sont servis en cornet.
Si sa rivale de toujours Venise peut sembler aujourd’hui dénaturée par le tourisme de masse, Gênes est restée une ville populaire. Partout dans la ville, les supporters ultra des deux grands clubs locaux de foot, le Genoa et la Sampdoria inscrivent sur les murs l’amour de leur équipe et la haine de leur éternel rival. Une opposition sur le terrain du sport, mais aussi sur celui de la politique, les supporters de la Genoa étant marqué à gauche, tandis que ceux de la Sampdoria embrassent souvent les idées de l’autre côté de l’échiquier politique. Chaque ruelle semble être le terrain de cette rivalité. En descendant vers l’aquarium de Gênes, l’un des plus grands d’Europe où on peut admirer quelque 600 espèces différentes, ainsi que le Galata Museo del Mare, pour découvrir l’histoire de la navigation, on trouve une bonne adresse où se remettre de ses émotions du jour. Le tourisme, ça creuse. Rendez-vous au restaurant Cavour 21 (Piazza Cavour 21r). Cette adresse populaire, toute en simplicité, dont la salle est constamment remplie de mangeurs heureux vaut le détour. Souvent plein, il suffit de laisser son nom et de repasser à l’heure convenue, vous pouvez également boire un verre en attendant devant l’établissement. Votre attente sera récompensée par des plats canailles, issus de la riche tradition culinaire ligurienne, arrosés de vins locaux à des prix très abordables. Une conclusion parfaite à votre escapade génoise.
Dans le nord-est de l’Italie, entre Gênes et La Spezia, sur la côte ligure, les Cinque Terre attirent de nombreux visiteurs. On y accède en bateau, à pied et surtout en train, le seul véritable lien unissant le reste du monde à ces petits villages accrochés à la falaise.
Des immeubles multicolores, serrés autour de venelles ombragées – les « carruggi » – qui entourent un petit port de pêche ou une petite place animée. Acculés par le relief, les « Terre » se nichent entre les collines abruptes, déclinées en terrasses, et la mer Ligure. Le rouge, l’ocre et le jaune qui tranchent avec le vert et le bleu. D’ouest en est : Monterosso al Mare, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore. Les cinq villages ont chacun leur charme propre et sont tous desservis par une petite gare qui ne désemplit pas pendant la haute saison.
Longtemps préservés comme un secret bien gardé, les cinq villages qui composent les Cinque Terre étaient pratiquement inaccessibles, hormis par la mer, jusqu’à la construction de la voie ferrée reliant Gênes et Pise dans les années 1870. Avant la construction de la ligne, la communication entre les différents villages s’effectuait par bateau ou par des équipages de mules qui crapahutaient sur les sentiers qui dominent les cinq « Terre ». Dans la région, la construction de cette infrastructure ferroviaire a constitué une incroyable prouesse technique.
Un chantier complexe et coûteux
Le projet de chemin de fer des Cinque Terre est lancé par un décret royal publié le 27 octobre 1860 concernant la création d’un chemin de fer ligure qui permettrait de relier la ville frontière de Vintimille à Massa (connectant la ligne au reste du réseau de chemins de fer existant à l’époque dans le centre de l’Italie). La section des Cinque Terre était la plus complexe et la plus coûteuse à construire. La ligne suit les méandres de la côte pour minimiser le nombre et la longueur des galeries. En tout, 23 ponts ont été construits et 51 tunnels ont été percés, couvrant plus de 28 km de l’ensemble de la ligne de 44 km.
L’hiver 1872 a été particulièrement dur pour le chantier… Les intempéries ont provoqué des glissements de terrain et des violentes tempêtes qui ont frappé le chantier. Les ingénieurs ont été obligés de modifier à plusieurs reprises le tracé de la ligne. D’ailleurs certains anciens tronçons de la toute première voie ferrée sont aujourd’hui utilisés par les piétons et les cyclistes.
A l’époque de sa construction, de longues étendues de côte sont inaccessibles depuis la terre. Le transport des matériaux de construction s’effectue donc exclusivement par voie maritime, ce qui impose une logistique particulièrement compliquée. Le 22 juillet 1874, la dernière section de la ligne est mise en service, rompant définitivement l’isolement des Cinque Terre. L’infrastructure est d’abord à voie unique avant que le doublement des voies ne soit achevé dans les années 1970. Ce tronçon de ligne est électrifié avec un système triphasé en 1926, puis converti en courant continu à 3 kV en 1947.
Aujourd’hui encore, le train demeure le meilleur moyen de découvrir ces villages à partir de Gênes, La Spezia ou Levanto. Les trajets sont rapides : trois minutes entre Riomaggiore et Manarola ou entre Manarola et Corniglia pour les plus courts et cinq minutes pour le plus long entre Corniglia et Vernazza. Peu de temps pour apprécier le paysage, d’autant plus qu’une bonne partie de la ligne est en tunnel. Mais quand le paysage apparaît, c’est une claque ! La ligne longe des falaises, semble parfois se faufiler entre les vagues et le maquis.
Paysage en danger
Le paysage des Cinque Terre est sculpté depuis près de 1 000 ans par la main de l’homme. Il a déployé, partout où il le pouvait, des restanques formées patiemment avec des murs de pierre qui retiennent la terre. Luttant contre la pente, il a façonné un paysage découpé en terrasses. Chaque espace disponible est planté. Des agrumes, de la vigne et des oliviers. Certaines terrasses peuvent atteindre jusqu’à 2 km de long et s’étendent le long des pentes abruptes à une altitude variant entre quelques mètres et 400 m au-dessus du niveau de la mer. Essentiellement construites au XIIe siècle, elles sont le résultat d’une approche communautaire de l’agriculture locale. Les murs de pierres sèches sont en général édifiés avec des blocs de grès, colmatés par des cailloux de toutes tailles.
Ce patrimoine est en danger. L’Unesco estimait en 1997, au moment de l’inscription au Patrimoine mondial, que 130 m de murs par hectare de vignoble et entre 30 et 300 m par hectare d’oliveraie étaient à reconstruire de toute urgence. Depuis, plusieurs dizaines d’hectares de vignes et d’oliviers ont été réhabilitées grâce à plusieurs programmes de remise en état du paysage. Mais il s’agit d’un combat constant. Les surfaces cultivées ne cessent de baisser alors que le développement de l’industrie du tourisme provoque l’abandon de l’agriculture traditionnelle. L’écosystème unique et fragile des Cinque Terre est aujourd’hui en danger.
Cinque Terre, cinq ambiances
Situé au milieu d’un petit golfe naturel, protégé par une petite falaise, Monterosso est la plus occidentale des Cinque Terre. C’est également la plus peuplée. A l’ouest du village, au-delà du Colle dei Cappuccini, se trouve la plage de Fegina. La gare de Monterosso donne directement sur les baigneurs. C’est ici que les touristes trouvent les plages les plus étendues et ils sont nombreux à déguster Spritz ou autre sur la promenade qui longe la plage.
Vernazza se déploie le long de la Vernazzola, une petite rivière fougueuse. La vie s’articule autour de la Via Roma qui relie la gare au port, où restaurants, bars, boutiques de souvenirs ou épiceries fines accueillent toute la journée les flots de touristes qui sortent de la gare. Le Castello Doria est aujourd’hui transformé en belvédère et est surtout occupé par les voyageurs. Mais il a été initialement construit pour assurer, dès sa construction au XIe siècle, la protection du port de Vernazza, notamment contre les nombreux raids des pirates. Il faut un peu de courage pour grimper en haut de la tour Belforte, un édifice qui complétait la défense de la ville, mais on est récompensé par une vue impressionnante à 360 degrés sur le village. Construite en 1318, l’église de style gothique ligure de Santa Margherita di Antiochia, patronne de la ville, surplombe la petite cité. Son clocher octogonal est couronné par une tour de près de quarante mètres.
Unique village des Cinque Terre à ne pas avoir été édifié sur la côte même mais tout en haut d’une falaise, Corniglia se mérite. Depuis la gare, il faut gravir les 384 marches qui permettent d’accéder au village qui se serre autour de la petite église blanche de San Pietro, qui domine ses paroissiens depuis le XIVe siècle. Cet escalier, la Lardarina, est une petite épreuve, surtout s’il fait chaud. Mais vous serez récompensés par la vue sur la baie des Cinque Terre. Le petit village de Manarola se niche au cœur de la crique de Volastra. Il s’étend en partie sur un aiguillon rocheux qui surplombe la mer et en partie le long de la rivière Grappa, d’ailleurs, si vous suivez son cours, vous atteindrez un petit hameau éponyme. Particulièrement photogénique, Manarola s’accroche à la roche dominant les eaux cristallines de la mer. Les couleurs pastel des bâtiments, typiques de la région, accentuent la beauté du lieu. A Riomaggiore, les maisons longent la vallée resserrée de la rivière Maggiore, aujourd’hui couverte, la rue principale du village passant juste au-dessus. La calanque où le petit port a été installé est cernée par les collines abruptes où se serrent les maisons. Le village aurait été fondé au VIIIe siècle par des Grecs fuyant la persécution de l’empereur byzantin Léon III l’Isaurien.
Surtourisme
Le lieu est quelque peu victime de son succès et nous ne pouvons que vous conseiller, si vous le pouvez, de choisir la basse saison pour entreprendre votre voyage. Si vous êtes à la recherche de calme et de solitude, passez votre chemin. Depuis le classement des Cinque Terre (ainsi que du territoire de Porto Venere et des trois îles de son archipel, Palmaria, Tino et Tinetto) au Patrimoine mondial de l’Unesco en 1997, les touristes viennent toujours plus nombreux découvrir ces petits bijoux posés sur la mer Ligure. D’ailleurs, sur les quais, des panneaux demandent aux voyageurs d’occuper tout le quai pour des raisons de sécurité, les groupes de touristes ayant tendance à rester agglutinés devant l’entrée. Sur les sentiers qui permettent de relier les différents villages, les randonneurs sont parfois si nombreux qu’ils sont obligés de s’arrêter et d’attendre patiemment de pouvoir avancer. Les Cinque Terre comptent à peine 5 000 habitants et reçoivent la visite de 3 millions de touristes tous les ans. Un succès qui s’explique très simplement : l’endroit est magnifique ! Les joies de la mer, le bonheur du maquis, la beauté des villages colorés : le cocktail est attractif.
Carpe diem
Au niveau de l’estomac, le visiteur n’est pas en reste ! La gastronomie ligurienne a de quoi contenter tous les appétits. Dans les Cinque Terre, c’est souvent la cuisine génoise qui s’exprime. Le pesto genovese naturellement, exclusivement préparé dans un mortier avec du basilic génois AOP. La focaccia se décline ici à l’infini et la farinata, une pâte à base de farine de pois chiches, permet de prendre le maximum d’énergie avant de s’aventurer sur les sentiers de randonnées. Les anchois frits minute sont servis en cornet. Mais il existe également des trésors typiques des Terre. Le limoncello tiré des citrons de Monterosso est un must. Produit à partir de cépages endémiques Bosco, Vermentino et Albarola, le Sciacchetrà est un vin liquoreux qui a fait la réputation des Cinque Terre depuis le Moyen Age. Le poète latin Pétrarque le célèbre dans son poème épique Africa, tout comme Gabriele D’Annunzio, bien plus tard.
Nous laisserons le mot de la fin à l’écrivain génois Eugenio Montale, prix Nobel de littérature en 1975. Enfant, il passait ses vacances d’été à Monterosso al Mare, où il retournera souvent ensuite. Il a fait des Cinque Terre une source d’inspiration importante de son œuvre poétique. Il expliquait ainsi son attachement à ce lieu unique : « Debout sur les falaises spectaculaires des Cinque Terre, je n’ai ni désirs, ni besoins, ni préoccupations. Je coexiste simplement avec la terre. L’air se purifie et, en regardant vers le bas, je vois une végétation parsemée de maisons et de quelques restaurants, et je pense que c’est la vie dans ses composantes les plus élémentaires : la beauté, la nourriture et la nature. »
Le billet de train, à la fois pour le Cinque Terre Express et pour le train régional qui fonctionne en basse saison, peut être acheté directement à la gare. Vous pouvez également le prendre sur l’application Trenitalia et éviter ainsi les longues queues au guichet. Un trajet coûte de 5 à 10 euros pour adultes entre chacune des gares de la ligne. Les enfants de 4 à 11 ans paient de 2,50 à 5 euros (la moitié du prix du tarif adulte simple). Le prix d’un billet varie en fonction de la période de visite. Réduction le soir : les touristes voyageant entre les villages après 19h30 paient 5 euros pour un trajet. En basse saison, le prix sont plus doux et les touristes moins nombreux. A partir du 3 novembre, un ticket régulier suffit. Si vous prévoyez de prendre plus de quatre trains dans la même journée, mais aussi de randonner sur les sentiers payants, d’utiliser le service de bus entre les villages et les sanctuaires ou simplement de vous sentir libre, la meilleure option est la Cinque Terre Card. La carte Cinque Terre Treno MS Card coûte 19,50 euros par jour, 34 euros pour 2 jours consécutifs et 46,50 euros pour 3 jours consécutifs (adulte), et donne accès aux sentiers payants et, en plus, à un nombre illimité de voyages en train régional sur la ligne Levanto – Cinque Terre – La Spezia.
Bonne nouvelle pour les voyageurs européens. Ils bénéficieront bientôt d’une liaison ferroviaire directe entre trois capitales du continent : Prague et Copenhague via Dresde, Hambourg et Berlin. Des escales sont annoncées en Allemagne, à DB (Deutsche Bahn), DSB (chemins de fer danois) et ČD (chemins de fer tchèques) se sont associés pour proposer ce nouveau service. La connexion sera desservie par les trains ComfortJet de ČD.
Deux paires de trains (deux allers-retours) circuleront toute l’année – avec des temps de trajet de sept heures entre Copenhague et Berlin et de onze heures entre Copenhague et Prague. Une liaison nocturne saisonnière sera également proposée. Un train de nuit circule déjà entre Hambourg et Copenhague en été, mais à partir de 2026, il sera prolongé jusqu’à Prague via Berlin et Dresde. Un service également assuré par les nouveaux trains ComfortJet. La nouvelle liaison doit entrer en service le 1er mai 2026, lorsque les travaux de révision générale de la ligne entre Berlin et Hambourg seront achevés.
Un train ConfortJet des chemins de fer tchèques en gare de Prague.
Prendre un train direct entre la France et Rome, c’est possible ! Lancé l’année dernière et opéré par Treni Turistici Italiani (TTI), une filiale de Trenitalia, l’Expresso Riviera reliera Rome à Marseille du 4 juillet au samedi 30 août. Ressuscitant l’ancien service de Thello, disparu à l’époque de la pandémie liée au Covid, ce train saisonnier circule à raison d’un aller-retour chaque week-end. Les départs auront lieu chaque vendredi depuis Rome Termini, avec un retour prévu chaque dimanche soir, reliant ainsi Rome à la Côte d’Azur.
Le trajet s’effectue en train de nuit entre Gênes et Rome et en train de jour entre Gênes et Marseille. Le train longe la Riviera italienne et assure des escales à Menton, Monaco-Monte Carlo, Nice et Cannes, en continuant vers St-Raphaël-Valescure, Toulon et enfin Marseille.
L’Expresso Riviera, un autre voyage est possible
Inaugurée le 25 juillet 2023, Treni Turistici Italiani ne propose pas des trains de luxe, mais son offre est plus confortable que les trains classiques, avec la présence de la voiture-restaurant (avec vaisselle et nappe blanche) et la possibilité d’embarquer son vélo. Il est également possible de voyager à bord de cabines de deux à quatre personnes.
Depuis juin 2024, il est possible de se promener dans la carte Google créée par la communauté des voyageurs d’Interrail. C’est ici qu’ils partagent leurs bonnes adresses ou leurs meilleurs sentiers de randonnée. Vous pouvez également contribuer et intégrer vos propres coups de cœur sur la carte. Il suffit de renseigner le nom du lieu, l’adresse, écrire une brève description en indiquant vos recommandations.
La carte est organisée en différentes catégories pour permettre aux utilisateurs du pass Interrail de découvrir plus facilement les recommandations qui correspondent à leurs intérêts, comme « Nourriture, boisson et clubs », « Sites historiques/musées » ou encore « Aventures en plein air ».
En Europe, le programme culturel de ces prochains mois est riche … Nous vous proposons ici une sélection d’expositions à découvrir un peu partout en Europe et accessibles facilement par le rail. Autant d’occasions de s’organiser une escapade sous le signe de l’art et de la culture.
MAI – L’art européen d’Odessa s’expose à Berlin
Peu avant le début de la guerre d’agression russe, le 24 février 2022, les œuvres les plus importantes préservées dans les musées ukrainiens ont été mises à l’abri dans l’urgence. Certaines ont été transférées en lieu sûr à Berlin. C’est notamment le cas de celles préservées dans le Musée d’art occidental et oriental d’Odessa, le célèbre port sur la mer Noire, régulièrement attaqué par l’armée russe. Jusqu’au 22 juin 2025, la Gemäldegalerie expose 60 peintures de cette institution culturelle aujourd’hui menacée directement par la guerre. L’exposition fait suite à une première présentation moins ambitieuse en avant-première au printemps 2024. Des tableaux de peintres européens du XVIe au XIXe siècle y seront exposés, notamment des œuvres d’artistes importants tels qu’Andreas Achenbach, Frans Hals, Cornelis de Heem, Roelant Savery, Bernardo Strozzi, Alessandro Magnasco ou encore Frits Thaulow.
Gemäldegalerie Matthäikirchplatz, Berlin. Plus d’infos : www.smb.museum/en
Accès: La gare souterraine de Potsdamer Platz est bien desservie par les réseaux S-Bahn (trains régionaux) et U-Bahn (métro).
La 19e exposition internationale d’architecture a ouvert ses portes le 10 mai et se déroulera jusqu’au dimanche 23 novembre 2025, sous le commissariat de Carlo Ratti. L’architecte et ingénieur lance à cette occasion un manifeste pour promouvoir l’économie circulaire. Le titre de la Biennale Architettura 2025 est Intelligens. Natural. Artificial. Collectiv. Carlo Ratti explique : le titre de l’Exposition internationale d’architecture est généralement annoncé en anglais et en italien. En 2025, il sera condensé en un seul mot pour les deux langues via le précédent latin commun : intelligens. Le titre Intelligens est lié au terme moderne « intelligence », mais il évoque également un ensemble plus large de significations associées. En fait, la syllabe finale, « gens », signifie en latin « personnes ». » Le site principal des expositions de la Biennale d’Arte depuis la première édition en 1895 demeure les Giardini qui s’élèvent à la limite orientale de Venise. Mais, elle se déploie également dans les anciens arsenaux de la Cité des Doges.
JUILLET – A Valence, les souvenirs de famille s’exposent au public
Cette exposition rend hommage à tous ces cinéastes amateurs qui ont déployé leur talent dans l’espace de l’intimité familiale. Situé dans le bâtiment de l’Ágora, conçu par le célèbre architecte Santiago Calatrava, au cœur de la Cité des arts et des sciences, le CaixaForum Valencia est un important centre culturel inauguré en juin 2022. Le lieu accueille à partir du 17 juillet l’exposition (Rec)Uerdos qui propose une réflexion sur ce « cinéma » familiale. Les films domestiques possèdent leur propre langage cinématographique, dont les erreurs et imperfections techniques constituent des éléments distinctifs. Dans le monde d’aujourd’hui, ils prennent une nouvelle dimension en voyageant sur les Internet. Dans cette exposition, les relations entre image, réalité et mémoire sont scrutées de près et forcent à nous interroger sur notre propre relation à la caméra.
CaixaForum Valencia Ciutat de les Arts i les Ciències,
Accès: Prendre le tramway, ligne 10, et descendre à la station Ciutat de les Arts i les Ciències.
AOÛT – La National Gallery expose Jean-François Millet
Fondée en 1824, la National Gallery est une institution ! Elle présente au public des œuvres réalisées entre 1250 et 1900. À l’occasion du 150e anniversaire de la mort de l’artiste français Jean-François Millet, elle organise une importante exposition autour de son œuvre.
Né dans une famille d’agriculteurs en Normandie, Millet s’installe dans le à Barbizon en 1849. Il place au cœur de son œuvre les « damnés de la terre » qui passent leur vie dans les champs, le dos courbé, souvent pour un salaire de misère. Parmi les toiles exposées, les visiteurs pourront admirer l’une des plus célèbres du peintre : « L’Angélus » (1857-1859). Prêté par le musée d’Orsay, il représente un mari et sa femme, la tête baissée, qui interrompent leur travail pour réciter une prière. Une peinture héritée des souvenirs d’enfance du peintre, quand dans les champs, sa mère marquait une pause afin que la famille puisse réciter cette prière dédiée aux « pauvres morts ».
Accès : De la gare de St Pancras, desservie par eurostar, marchez jusqu’à la station King’s Cross St. Pancras et prenez la Piccadily Line, direction Heathrow Terminal 4. Descendre à Leicester Square.
SEPTEMBRE – A Düsseldorf, la contribution des artistes queer
Présentée à la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, le musée qui préserve les collections du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie dans sa capitale Düsseldorf, Modern Oblivion – Queer Modernity est la première exposition en Europe à présenter la contribution des artistes queer au modernisme.
L’institution culturelle s’étend sur deux sites, le K20 et le K21. L’exposition Modern Oblivion – Queer Modernity se déroule dans le premier. Une quarantaine d’artistes, certains oubliés et d’autres très connus, y sont représentés. Les œuvres viennent d’Europe de l’Est et de l’Ouest, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine. Il raconte également l’histoire de la vie queer à une époque marquée par la guerre, la persécution et la résistance.
Accès: La station Heinrich-Heine-Allee du métro léger de Düsseldorf n’est située qu’à quelques dizaines de mètres du musée. Elle est desservie par toutes les lignes du réseau.
OCTOBRE – Art Vilnius 2025, un pont entre Est et Ouest
La 16e édition d’ArtVilnius se déroule du 3 au 5 octobre 2025 au Lithuanian Exhibition And Congress Centre (Litexpo). Né en 2009 dans le cadre du projet Vilnius – Capitale européenne de la culture, ArtVilnius demeure encore aujourd’hui l’unique foire d’art des pays baltes. Chaque année, elle accueille plus de 23 000 visiteurs, avec la participation d’environ 65 galeries d’art venues d’une douzaine de pays (Allemagne, Estonie, Lettonie, Pologne, Ukraine, Lituanie, Pays-Bas, Italie, France, etc.). Des galeries soigneusement sélectionnées par les organisateurs qui sont en passe de réussir leur pari : placer Vilnius et la Lituanie sur la carte européenne de l’art contemporain et constituer un pont entre l’Est et l’Ouest.
NOVEMBRE – A Lausanne, expo Félix Vallotton, l’enfant du pays
Tout près de la gare, le nouveau quartier des arts de Lausanne réunit trois institutions culturelles : le Musée cantonal des beaux-arts (MCBA), Photo Elysée (le musée cantonal de la photographie) et le Mudac (Musée cantonal du design et d’arts appliqués contemporains). Il abrite également deux importantes fondations culturelles. Les trois sites s’intégrant à la même structure baptisée Plateforme 10 qui a ouvert officiellement ses portes au public en juin 2022. C’est un enfant du pays qui est au centre de l’exposition Vallotton Forever. Félix Vallotton est né à Lausanne en 1865. Le MCBA possède la plus importante collection du monde du peintre, illustrateur et critique d’art. C’est donc logiquement que l’institution culturelle organise une grande rétrospective consacrée à l’artiste dont on commémore le centenaire de la disparition, survenue à Neuilly-sur-Seine, le 29 décembre 1925.
Baptisée Light and Magic : The Birth of Art Photography, cette exposition réunit plus de 50 artistes de Shanghai à Sydney, de New York au Cap et du Brésil à Singapour. Cet évènement jette un regard neuf sur les prémices de l’art photographique. Premier mouvement international de photographie artistique, le pictorialisme, s’est développé des années 1880 aux années 1960. L’exposition Global Pictorialism présente des œuvres inédites du monde entier aux côtés de pièces de la collection de la Tate Gallery. Elle se déroule du 4 décembre 2025 au 25 mai 2025 à la Tate Modern, le musée qui préserve la collection nationale d’art moderne et d’art contemporain international de la célèbre institution londonienne.