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  • Yardland, aller à Paris à petit prix !🎡

    Yardland, aller à Paris à petit prix !🎡

    Bu$hi à Yardland 2024
    ©DR

    De nombreux festivals se tiendront à Paris ou sa banlieue proche, parmi eux Yardland, qui a notamment pris en popularité chez les jeunes grâce à une grosse communication sur les réseaux sociaux (Instagram).

    Pour sa 2e édition, ce festival défini comme “PROTOTYPE COMMUNAUTAIRE EXPERIMENTAL” se tiendra à l’Hippodrome Paris-Vincennes les 4, 5 et 6 juillet 2025. Popularisé par la préexistence en tant que média pure player, et leur collaboration avec Booka-P pour la cérémonie des Flammes, la première édition de leur festival a eu lieu en 2024 et fut un succès.

    Avec des noms internationaux tels que Asake, Latto ou encore Nemzzz, mais aussi des artistes en vogue chez les jeunes tels que : Tiakola, Gazo, Oboy, Theodora et Hamza, la seconde édition semble avoir d’aussi grandes ambitions que la première.

    Le trajet 🚆

    De ce fait, nous vous avons répertorié par ordre croissant de prix, 5 villes vous permettant d’accéder à la capitale en train pour vous rendre à ce festival. Le départ se fera la veille du premier jour de festival (soit une arrivée à Paris le 3 juillet); et un retour prévu le lendemain du dernier jour (soit le 7 juillet).

    Lille 🍟

    Le trajet depuis Lille est le moins cher, avec un voyage entre Lille Flandres et la gare Aéroport Charles de Gaulle 2 TGV à partir de 10€. Le retour s’effectuera depuis les mêmes gares que le voyage aller, et pour le même prix ! Le voyage comprenant l’aller et le retour sera donc au prix de 20€* !

    Lyon 🦁

    Depuis Lyon, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes, l’aller-retour est au prix de 41€*. Le départ aura lieu depuis la gare de Lyon Saint-Exupéry TGV, et arrivera en gare de Marne-La-Vallée – Chessy – Disneyland. Le retour se fera également depuis Marne-La-Vallée, et arrivera en gare de Lyon Perrache.

    Nantes 🐘

    Depuis l’ouest de la France : à Nantes, le trajet directement jusqu’au centre de Paris est actuellement le moins cher, et l’un des plus simple. L’aller est à 19€ de Nantes jusqu’à la gare Montparnasse, et un retour depuis les mêmes gares qu’à l’aller à 40€, pour total de 59€* aller-retour.

    Strasbourg 🥨

    En provenance de Strasbourg, l’arrivée se fait directement dans le centre de Paris, à Gare de l’Est ; et ce, pour 19€ l’aller. Avec un retour entre Gare de l’Est et la gare de Strasbourg-Ville au prix de 45€, soit un voyage aller-retour au prix de 64€*. Seulement 5€ de plus que le trajet depuis son opposé cardinal en France : Nantes.

    Marseille ☀️

    Le dernier trajet que nous avons répertorié, relie la gare de Marseille Saint-Charles à Gare de Lyon à Paris, pour 29€. Le retour le plus coûteux, reliant la gare de Paris Marne-la-Vallée – Chessy – Disneyland à la gare de Marseille Saint-Charles avec un prix fixé à 75€ pour un total aller-retour de 104€*.

    Infos pratiques💡

    Pour les résidents des villes de Charenton-le-Pont, Joinville-le-Pont, Saint-Maurice, et Fontenay-sous-bois, un “billet voisin” est mis en place ; vous permettant de payer votre place de festival à 44€.

    PS : Cette alternative existe également pour celles et ceux qui ont le Pass Culture du 12e Arrondissement de Paris.

    Pour les trajets arrivant en gare Aéroport Charles de Gaulle 2 TGV, prévoir un ticket à tarification spéciale de 13€ unité pour rejoindre Paris intra-muros. Pour les trajets arrivant en gare de Marne-La-Vallée – Chessy, prévoir un ticket à 2,50€ pour rejoindre la gare de Joinville-le-Pont, où se tiendra le festival.

    *Prix constatés entre le mardi 22 avril et le vendredi 25 avril 2025, pour un voyageur de 21 ans au moment du trajet sans offre de réduction.

  • A table ! 10 restaurants qui  entretiennent l’esprit ferroviaire

    A table ! 10 restaurants qui entretiennent l’esprit ferroviaire

    Transhumance & Cie à Bedous

    Installé dans l’ancienne salle d’attente et le hall voyageurs de la gare de Bedous (64), en vallée d’Aspe, devenue une simple halte desservie par le TER Nouvelle-Aquitaine, l’hôtel-restaurant Transhumance & Cie propose une cuisine gourmande et roborative parfaitement adaptée à l’appétit des nombreux randonneurs qui fréquentent la vallée d’Aspe. Garbures, viandes cuites au feu de bois, fondues et autres spécialités fromagères : ici, on trouve toutes les calories nécessaires à grimper les côtes. A noter que vous pouvez également visiter sous la halle de Bedous une exposition permanente retraçant l’histoire du chantier de Transpyrénéen, la ligne de chemin de fer qui traverse les Pyrénées béarnaises pour relier la France et l’Espagne.

    www.transhumance-pyrenees.fr/

    La gare de Bedous est devenue une simple halte. Heureusement, on peut maintenant y déguster toutes sortes de délices.
    Un autorail devant la gare de Bedous. Crédit : © Snoopy 31 – Wikimedia Commons

    L’Ancienne gare à Sauve

    Installé dans l’ancienne gare de Sauve (30), ce restaurant vous accueille dans le bâtiment voyageur ou sur l’une des deux terrasses, l’une devant la gare avec vue sur le village médiéval, l’autre, à l’arrière, sur le quai qui surplombe la voie. Mise en service en 1872 par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM), elle a été fermée au trafic voyageur en 1969, puis à celui des marchandises au début des années 1980. On y propose aujourd’hui une cuisine traditionnelle dans un cadre des plus « ferroviaires ». Entre autres, vous pourrez ainsi déguster en entrée velouté d’oignons doux avec boudin noir sur un toast de pain de mie, en plat de résistance un filet de bœuf sauce du chef accompagné de frites maison et légumes, puis, après avoir fait honneur à l’assiette de fromages, achever votre repas par une banane confite au rhum brun, biscuit moelleux, glace chocolat blanc.

    www.restaurantlanciennegare.fr

    Terminus à Barneville-Carteret

    Dans l’ancienne gare de Carteret (50), ouverte par les Chemins de fer de l’Ouest en 1889 et fermée en 1976, le Terminus accueille plusieurs pôles de restaurations, dont six « food trucks » garés devant la gare et un bar- restaurant installé dans le bâtiment voyageur. Créé par deux restaurateurs, Renaud Desfours et Richard Ledentu, le Terminus a préservé l’héritage ferroviaire du site. Situé à quelques mètres de la mer, le lieu permet d’effectuer un voyage culinaire à la découverte des cuisines du monde. A noter que le Terminus propose également un service de commande en ligne. Chaque année, le Terminus est ouvert du 15 mars au 15 novembre, ainsi que pendant les quinze jours des vacances de Noël.

    https://terminus-carteret.fr/

    La Gare des Années Folles à Sailly-sur-la-Lys

    Au commencement, il n’y avait ici qu’une petite gare désaffectée aux murs de briques rouges. A Sailly-sur- la-Lys, dans le Pas-de-Calais, était établie une station au lieu-dit Bac-Saint-Maur. Elle a été rachetée en 1992 par une jeune femme, Valérie, souhaitant habiter dans l’ancienne maison du chef de gare. Avec l’aide de son compagnon, Vincent, elle décide de faire de l’ancien hall du bâtiment voyageurs une salle de fête privée pour y recevoir les amis et les amis des amis. Puis, en 1996, le couple y ouvre un restaurant. Au fil des rencontres et des échanges avec ses clients, aussi gourmands que passionnés du monde ferroviaire, Vincent se constitue une belle collection d’objets en rapport avec le chemin de fer. Ils viennent enrichir le décor de la salle et confèrent au lieu un petit côté « gare des Années folles ». Evidemment, compter parmi ses amis Philippe Lefebvre, le président du Centre de la mine et du chemin de fer de Oignies, ça aide pour dégotter ces trésors ferroviaires… Des pancartes, des casquettes de chef de gare, des lanternes, des plaques de numéro de locomotive, des affiches touristiques ornent bientôt les lieux. Le guichet en bois verni de l’ancienne gare, absolument intact, est toujours à sa place et suscite la curiosité ou l’admiration des clients du restaurant. Le menu fait la part belle aux spécialités régionales : tarte au maroilles, carbonade flamande, potjevleesch, welsh ou encore moules-frites sont régulièrement proposés.

    www.restaurant-lagaredesanneesfolles.fr

    © La gare des années folles

    Baranaan à Paris

    Dans le 10e arrondissement de la capitale, le Baranaan se cache derrière une porte close située dans un petit restaurant végétarien. Ce bar « clandestin » propose alcool et plats de viande dans une ambiance « ferroviaire ». On y déguste naan, poulet tikka et une multitude d’autres plats de la gastronomie indienne.

    La décoration du bar offre une immersion virtuelle dans les paysages ferroviaires du sous-continent. Des vidéos diffusées sur des écrans donnent l’impression de voyager à bord d’un train des Indian Railways.

    Plus d’informations sur www.baranaan.com

    © Baranaan

    L’Antica Stazione à Guebwiller

    Mise en vente en 2018 par la municipalité, l’ancienne gare de Guebwiller a été rachetée par deux investisseurs qui souhaitaient la transformer en un pôle dédié à la gastronomie italienne, l’Antica Stazione. Mise en service en 1870, la gare de cette cité alsacienne située entre Colmar et Mulhouse sur la ligne de Bollwiller à Lautenbach a fermé ses portes en 1990, le trafic voyageur cessant dès 1969. Ouvert en novembre dernier, l’Antica Stazione regroupe une cave à vins dans l’ancienne bagagerie, un restaurant dans l’ex-salle d’attente, une épicerie fine dans le hall central, un bar, un salon de thé et deux petits salons. A noter que l’accès au quai a été préservé de manière à maintenir la possibilité de remise en service de la ligne ferroviaire.


    Plus d’informations sur : www.antica-stazione.fr

    Dalloyau Saint-Lazare

    Dalloyau, une maison de gastronomie née en 1682 à la cour du Château de Versailles, s’est installée dans l’ancienne passerelle Eugénie, surnommée « passerelle de l’Impératrice », le 24 septembre. Dalloyau a fait appel à la cheffe Justine Piluso pour signer la carte. Un menu qui fait la part belle aux produits locaux, avec au moins 70 % d’entre eux qui viennent d’Ile-de-France.

    Inauguré en 1889 à l’occasion de l’Exposition universelle, le Grand Hôtel Terminus – aujourd’hui l’hôtel Hilton Opéra -, a été construit par la Compagnie de l’Ouest en à peine 15 mois. L’architecte en est Juste Lisch, à qui on doit également l’agrandissement de la gare Saint-Lazare. Cet imposant bâtiment était directement relié à la salle des pas perdus (ajoutée à la gare Saint-Lazare lors de son agrandissement) par une passerelle suspendue en verre et métal, la fameuse passerelle « de l’Impératrice ». A l’époque, la gare Saint-Lazare était aussi celle du voyage transatlantique. Ainsi, les clients fortunés qui s’apprêtaient à monter à bord de trains comme le New York Express pouvaient se reposer dans le plus grand des conforts avant d’entreprendre le voyage vers les Etats- Unis. La passerelle de 18 m permettait à la luxueuse clientèle de gagner son train bien à l’abri en évitant la cohue de la rue intérieure et aux voyageurs qui arrivaient de retrouver le luxe de leur chambre immédiatement après un long voyage. Elle a été restaurée en même temps que les parvis, inaugurés en 2014, mais est demeurée condamnée jusqu’à aujourd’hui. L’entrée qui subsiste gare Saint-Lazare surmontée du nom de l’hôtel, retrouve ainsi une fonction. Aujourd’hui, le restaurant de 200 m2 (100 places assises) accueille quotidiennement les gourmands et les voyageurs de passage de 6 h à 23 h.

    www.dalloyau.fr

    Poinçon

    Cultplace, l’entreprise culturelle créée par Fabrice Martinez et Renaud Barillet, le duo qui a lancé en 2006 la Bellevilloise – une salle de concert à la programmation toujours pointue – et qui multiplie depuis les projets réussis, a ouvert en 2019 Poinçon dans l’ancienne gare de Montrouge-Ceinture, dans le XIVe arrondissement de la capitale, à deux pas de la porte d’Orléans. Inaugurée en 1867, elle a été fermée au trafic voyageurs en 1934 comme l’ensemble de la Petite Ceinture. Baptisé Poinçon en hommage à l’outil qui servait à perforer les titres de transport dans les gares et les stations jusque dans les années soixante et à la célèbre chanson de Serge Gainsbourg, ce nouveau lieu culturel devrait rapidement attirer les foules… Une surface de 400 m2 et une terrasse de 250 m2 donnant sur la Petite Ceinture accueillent une scène, un café et un restaurant.
    Le bâtiment voyageurs qui a accueilli un bazar pendant de nombreuses années était méconnaissable et, du côté des voies, des bâtiments s’élevaient sur une dalle construite au-dessus de la plateforme et qui masquait l’accès aux quais. Une réhabilitation d’envergure a redonné à la petite gare sa forme originelle. Le projet développé aujourd’hui permet de mettre en lumière cet ultime exemple de gare de la rive gauche, alors que ses jumelles de Maison-Blanche et du parc de Montsouris ont été détruites.

    www.poinconparis.com

    © Poinçon

    Le Train des Saveurs à Rougemont-le-Château

    Installé au pied des Vosges du Sud dans l’ancienne gare de Rougemont-le-Château, l’un des terminus de la ligne à voie métrique de six kilomètres partant de l’embranchement des Errues et qui reliait la ville à Belfort. La ligne faisait partie du réseau de 58 km mis en service en 1913 par la Compagnie des chemins de fer d’intérêt local du Territoire de Belfort et qui a joué un rôle important pendant la première guerre mondiale. Mais l’exploitation ne dure pas longtemps et la ligne de Rougemont est fermée en 1936. La gare de Rougemont- le-Château est demeurée en bon état.

    Après des travaux de rénovation conduits en 2017, un restaurant a ouvert ses portes pour offrir à la petite gare un nouveau destin. On y sert dans un décor ferroviaire plats traditionnels, burgers, tartines, salades. L’équipe du restaurant assure également un service de traiteur.

    https://le-train-des-saveurs-90.eatbu.com/?lang=fr#menu

    © Le train des saveurs

    Quai de Meudon

    L’ancienne gare du Bas-Meudon, désaffectée depuis la transformation de la ligne des Moulineaux en tramway, a été restaurée en respectant l’architecture d’origine des Chemins de fer de l’Ouest. Elle abrite depuis 2015 un restaurant directement accessible par le tram T2.
    En entrée, on hésite entre carpaccio de poulpe, huile d’olive citron et tapenade verte, et grosses gambas croustillantes, guacamole et corail d’oursins. Le plat de résistance : peut-être la mer avec les quenelles façon Quai de Meudon, sauce homardine et riz pilaf, ou bien la terre avec la galette de joue de bœuf au vin de Bourgogne, purée de pois cassés et mesclun de salade. Après un morceau de comté, on achève ce festin avec la pomme rôtie au four, tuile et glace au caramel beurre salé.

    www.quaidemeudon.com/restaurant.html

    © Quai de Meudon.
  • Nouveau ! BlaBlaCar se met au rail

    Nouveau ! BlaBlaCar se met au rail

    A partir d’aujourd’hui, le 15 mai, les utilisateurs de BlaBlaCar peuvent rechercher, réserver et gérer leurs billets de train directement depuis l’application et le site web. Une manière de compléter l’offre multimodale de la plateforme, née avec le covoiturage, puis enrichie par le bus et aujourd’hui par le train. L’offre de train compte 350 gares, soit 200 villes et agglomérations. Blablacar devient ainsi la première plateforme à proposer ces trois offres de transport.

    Blablacar complète son offre et propose des billets de train.
    Crédit : © Blablacar
  • Culture : 8 expos en Europe à ne pas rater

    Culture : 8 expos en Europe à ne pas rater

    En Europe, le programme culturel de ces prochains mois est riche … Nous vous proposons ici une sélection d’expositions à découvrir un peu partout en Europe et accessibles facilement par le rail. Autant d’occasions de s’organiser une escapade sous le signe de l’art et de la culture.

    MAIL’art européen d’Odessa s’expose à Berlin

    Peu avant le début de la guerre d’agression russe, le 24 février 2022, les œuvres les plus importantes préservées dans les musées ukrainiens ont été mises à l’abri dans l’urgence. Certaines ont été transférées en lieu sûr à Berlin. C’est notamment le cas de celles préservées dans le Musée d’art occidental et oriental d’Odessa, le célèbre port sur la mer Noire, régulièrement attaqué par l’armée russe. Jusqu’au 22 juin 2025, la Gemäldegalerie expose 60 peintures de cette institution culturelle aujourd’hui menacée directement par la guerre. L’exposition fait suite à une première présentation moins ambitieuse en avant-première au printemps 2024. Des tableaux de peintres européens du XVIe au XIXe siècle y seront exposés, notamment des œuvres d’artistes importants tels qu’Andreas Achenbach, Frans Hals, Cornelis de Heem, Roelant Savery, Bernardo Strozzi, Alessandro Magnasco ou encore Frits Thaulow.

    Gemäldegalerie Matthäikirchplatz, Berlin. Plus d’infos : www.smb.museum/en

    Accès: La gare souterraine de Potsdamer Platz est bien desservie par les réseaux S-Bahn (trains régionaux) et U-Bahn (métro).

    Portrait d’Olena Tolstoï, Domenico Morelli, 1875 © Musée d’art occidental et oriental d’Odessa

    JUINLa Biennale d’architecture de Venise

    La 19e exposition internationale d’architecture a ouvert ses portes le 10 mai et se déroulera jusqu’au dimanche 23 novembre 2025, sous le commissariat de Carlo Ratti. L’architecte et ingénieur lance à cette occasion un manifeste pour promouvoir l’économie circulaire. Le titre de la Biennale Architettura 2025 est Intelligens. Natural. Artificial. Collectiv. Carlo Ratti explique : le titre de l’Exposition internationale d’architecture est généralement annoncé en anglais et en italien. En 2025, il sera condensé en un seul mot pour les deux langues via le précédent latin commun : intelligens. Le titre Intelligens est lié au terme moderne « intelligence », mais il évoque également un ensemble plus large de significations associées. En fait, la syllabe finale, « gens », signifie en latin « personnes ». » Le site principal des expositions de la Biennale d’Arte depuis la première édition en 1895 demeure les Giardini qui s’élèvent à la limite orientale de Venise. Mais, elle se déploie également dans les anciens arsenaux de la Cité des Doges.

    Plus d’infos ICI


    Accès: En bateau! Plusieurs lignes de Vaporetto opérées par l’ACTV desservent les sites de la Biennale. Arrêts : Arsenale et Giardini.

    La Corderie à Arsenale, Venise. © Giulio Squillacciotti – La Biennale di Venezia

    JUILLETA Valence, les souvenirs de famille s’exposent au public

    Cette exposition rend hommage à tous ces cinéastes amateurs qui ont déployé leur talent dans l’espace de l’intimité familiale. Situé dans le bâtiment de l’Ágora, conçu par le célèbre architecte Santiago Calatrava, au cœur de la Cité des arts et des sciences, le CaixaForum Valencia est un important centre culturel inauguré en juin 2022. Le lieu accueille à partir du 17 juillet l’exposition (Rec)Uerdos qui propose une réflexion sur ce « cinéma » familiale. Les films domestiques possèdent leur propre langage cinématographique, dont les erreurs et imperfections techniques constituent des éléments distinctifs. Dans le monde d’aujourd’hui, ils prennent une nouvelle dimension en voyageant sur les Internet. Dans cette exposition, les relations entre image, réalité et mémoire sont scrutées de près et forcent à nous interroger sur notre propre relation à la caméra.

    CaixaForum Valencia
    Ciutat de les Arts i les Ciències,

    C/ Eduardo Primo Yúfera, 1A, Valence Plus d’infos : https://caixaforum.org

    Accès: Prendre le tramway, ligne 10, et descendre à la station Ciutat de les Arts i les Ciències.

    AOÛTLa National Gallery expose Jean-François Millet

    Fondée en 1824, la National Gallery est une institution ! Elle présente au public des œuvres réalisées entre 1250 et 1900. À l’occasion du 150e anniversaire de la mort de l’artiste français Jean-François Millet, elle organise une importante exposition autour de son œuvre.

    Né dans une famille d’agriculteurs en Normandie, Millet s’installe dans le à Barbizon en 1849. Il place au cœur de son œuvre les « damnés de la terre » qui passent leur vie dans les champs, le dos courbé, souvent pour un salaire de misère. Parmi les toiles exposées, les visiteurs pourront admirer l’une des plus célèbres du peintre : « L’Angélus » (1857-1859). Prêté par le musée d’Orsay, il représente un mari et sa femme, la tête baissée, qui interrompent leur travail pour réciter une prière. Une peinture héritée des souvenirs d’enfance du peintre, quand dans les champs, sa mère marquait une pause afin que la famille puisse réciter cette prière dédiée aux « pauvres morts ».

    National Gallery
    Trafalgar Square, Londres

    Accès : De la gare de St Pancras, desservie par eurostar, marchez jusqu’à la station King’s Cross St. Pancras et prenez la Piccadily Line, direction Heathrow Terminal 4. Descendre à Leicester Square.

    L’Angélus de Jean-François Millet. © Musée d’Orsay, 1857-1859.

    SEPTEMBRE A Düsseldorf, la contribution des artistes queer


    Présentée à la Kunstsammlung Nordrhein-Westfalen, le musée qui préserve les collections du Land de Rhénanie-du-Nord-Westphalie dans sa capitale Düsseldorf, Modern Oblivion – Queer Modernity est la première exposition en Europe à présenter la contribution des artistes queer au modernisme.

    L’institution culturelle s’étend sur deux sites, le K20 et le K21. L’exposition Modern Oblivion – Queer Modernity se déroule dans le premier. Une quarantaine d’artistes, certains oubliés et d’autres très connus, y sont représentés. Les œuvres viennent d’Europe de l’Est et de l’Ouest, d’Amérique du Nord et d’Amérique latine. Il raconte également l’histoire de la vie queer à une époque marquée par la guerre, la persécution et la résistance.

    Kunstsammlung

    Nordrhein-Westfalen K20. Grabbeplatz 5, Düsseldorf

    Accès: La station Heinrich-Heine-Allee du métro léger de Düsseldorf n’est située qu’à quelques dizaines de mètres du musée. Elle est desservie par toutes les lignes du réseau.

    Crédit : © Kunstsammlung NRW – Sebastian Druen



    OCTOBREArt Vilnius 2025, un pont entre Est et Ouest


    La 16e édition d’ArtVilnius se déroule du 3 au 5 octobre 2025 au Lithuanian Exhibition And Congress Centre (Litexpo). Né en 2009 dans le cadre du projet Vilnius – Capitale européenne de la culture, ArtVilnius demeure encore aujourd’hui l’unique foire d’art des pays baltes. Chaque année, elle accueille plus de 23 000 visiteurs, avec la participation d’environ 65 galeries d’art venues d’une douzaine de pays (Allemagne, Estonie, Lettonie, Pologne, Ukraine, Lituanie, Pays-Bas, Italie, France, etc.). Des galeries soigneusement sélectionnées par les organisateurs qui sont en passe de réussir leur pari : placer Vilnius et la Lituanie sur la carte européenne de l’art contemporain et constituer un pont entre l’Est et l’Ouest.


    LiteExpo
    Laisvės av. 5, Vilnius
    Plus d’infos : https://artvilnius.com/

    Accès : Depuis la gare de Vilnius, prendre le trolley-bus n°16 ou le bus 2G. Descendre à l’arrêt Litexpo.

    ArtVilnius, édition 2024. Crédit : © Andrej Vasilenko – ArtVilnius61

    NOVEMBREA Lausanne, expo Félix Vallotton, l’enfant du pays

    Tout près de la gare, le nouveau quartier des arts de Lausanne réunit trois institutions culturelles : le Musée cantonal des beaux-arts (MCBA), Photo Elysée (le musée cantonal de la photographie) et le Mudac (Musée cantonal du design et d’arts appliqués contemporains). Il abrite également deux importantes fondations culturelles. Les trois sites s’intégrant à la même structure baptisée Plateforme 10 qui a ouvert officiellement ses portes au public en juin 2022. C’est un enfant du pays qui est au centre de l’exposition Vallotton Forever. Félix Vallotton est né à Lausanne en 1865. Le MCBA possède la plus importante collection du monde du peintre, illustrateur et critique d’art. C’est donc logiquement que l’institution culturelle organise une grande rétrospective consacrée à l’artiste dont on commémore le centenaire de la disparition, survenue à Neuilly-sur-Seine, le 29 décembre 1925.

    Plateforme 10. Musée cantonal des Beaux-Arts

    Place de la Gare 16, Lausanne
    Plus d’infos : www.mcba.ch/expositions/vallotton-forever/
    Accès: A 3 minutes de la gare CFF de Lausanne.

    Félix Vallotton, « Cinq heures », 1898. © MCBA – DR

    DÉCEMBRELe pictorialisme agite la Tate Modern


    Baptisée Light and Magic : The Birth of Art Photography, cette exposition réunit plus de 50 artistes de Shanghai à Sydney, de New York au Cap et du Brésil à Singapour. Cet évènement jette un regard neuf sur les prémices de l’art photographique. Premier mouvement international de photographie artistique, le pictorialisme, s’est développé des années 1880 aux années 1960. L’exposition Global Pictorialism présente des œuvres inédites du monde entier aux côtés de pièces de la collection de la Tate Gallery. Elle se déroule du 4 décembre 2025 au 25 mai 2025 à la Tate Modern, le musée qui préserve la collection nationale d’art moderne et d’art contemporain international de la célèbre institution londonienne.

    Tate Modern Bankside, Londres

    Plus d’infos : www.tate.org.uk


    Accès: Il suffit de prendre le Tube, sur la Jubilee Ligne, et descendre à Southwark. Le musée se situe à 600 mètres.

    Global Pictorialism. Crédit :© Tate Modern
  • Patrimoine : sur les traces de 4 utopies ferroviaires

    Patrimoine : sur les traces de 4 utopies ferroviaires

    L’histoire des transports compte de nombreuses aventures sans lendemain. Voici quatre projets mort-nés dont les vestiges sont toujours visibles et qui constituent aujourd’hui un patrimoine insolite.

    L’Aérotrain

    Un long rail de béton surplombe toujours la Beauce parallèlement à la voie ferrée de Paris à Orléans. Ce « monument » est l’ancienne piste d’essai de 18 kilomètres construite près de Saran pour tester les capacités de l’Aérotrain. Inventé par l’ingénieur français Jean Bertin, l’Aérotrain avait une ambition : devenir un système de transport léger et rapide pouvant concurrencer l’avion. Développé dans les années 1960 et 1970, le concept de base reposait sur un système de coussin d’air à soufflerie, permettant au véhicule de s’élever réduisant ainsi la friction et permettant des vitesses plus élevées que celles atteintes par les trains conventionnels. L’Aérotrain de Bertin était alimenté par un moteur à réaction, ce qui lui permettait d’atteindre des vitesses élevées.

    Le prototype Aérotrain 02 a effectué ses premiers essais en 1969. En 1974, il a établi un record de vitesse en atteignant près de 430 km/h. Malgré ces succès, le projet se heurte à des questions financières et des préoccupations liées à la sécurité. Le décès en avril 1974 du président Pompidou, fervent défenseur de l’Aérotrain, marque un tournant. Valérie Giscard d’Estaing, son successeur, décide de ne pas poursuivre l’aventure. Il préfère un projet de train à grande vitesse conventionnel : le TGV !

    En 1977, le gouvernement met fin au financement du projet. La piste d’essai est en grande partie démantelée. L’Aérotrain de Bertin reste un projet inachevé. De cette utopie, reste l’imposant vestige de la Beauce et le souvenir d’une aventure industrielle, symbole d’une époque où les ingénieurs convoquaient le futur. Ainsi, la revue Fiasco a érigé l’Aérotrain en monument de l’échec pour son premier numéro publié en janvier 2023 : « Une ruine moderniste en pleine terre de Beauce. Une vanité contemporaine. Le ratage prophétique de cette matrice pour un programme de « pays utile » qui propulse le monorail vers l’objet de culte, mémorial et autel du ratage. »

    L’ancienne piste d’essai de l’aérotrain domine toujours la Beauce. © En train

    Funiculaire de Super-Cannes

    Loin de la frénésie clinquante de la Croisette, les hauteurs de Super-Cannes, dominant le quartier de la Californie, profite du plus grand des calmes. Initiée par la Société immobilière de Paris et du littoral, la construction du funiculaire se déroule de 1925 à 1928. C’est la Société Ceretti et Tanfani qui est chargée de construire les gares de départ et d’arrivée du funiculaire. André Capron, maire de Cannes et Yves Le Trocquer, ministre des Transports de l’époque, participent à la cérémonie d’inauguration le 27 janvier 1928. Cette infrastructure permet alors de désenclaver la colline de Super-Cannes et dessert une auberge et un observatoire toujours bien visible depuis l’ensemble de la région. Rapidement, de nombreuses villas sont édifiées sur la colline, leurs habitants profitant d’une magnifique vue panoramique sur la baie de Cannes. La ligne grimpe depuis la gare inférieure, (10, avenue Val Vert), sur 850 mètres à travers le vallon des Gabres. La gare de départ et la gare d’arrivée ont été édifiées dans un style néo-provençal et constituent aujourd’hui un patrimoine en danger. Le funiculaire n’a qu’une seule voie à crémaillère.

    Dans les années 1960, l’avènement du tout automobile creuse la tombe du funiculaire, délaissé par les habitants de Cannes et par les touristes. Une usure des mâchoires de sécurité entraîne la fin de son exploitation, qui s’achève définitivement en 1966.
    En 1989, les 24 000 mètres carrés de terrains supportant les installations de l’observatoire, du restaurant, de la ligne du funiculaire et de ses deux gares sont vendus à la famille de l’émir d’Abou Dabi, Khalifa ben Zayed Al Nahyane. La municipalité délivre même en 1993 un permis de construire pour l’édification d’une villa de 1 200 mètres carrés reliée à la gare de départ du funiculaire par une voie privée. Mais, le tribunal administratif annule le permis en 1994 car la voie empiète sur le domaine public. Depuis, l’ensemble est à l’abandon… Aujourd’hui, l’immense site offre quelques belles promenades.

    La nature avale doucement l’infrastructure du funiculaire de Super – Cannes. Crédit : © En train

    Mini-métro de Noisy-le-Grand

    C’est l’histoire d’un rendez-vous manqué… Construit à Noisy-le-Grand (93) en un temps record par la RATP entre 1990 et 1993, le mini-métro devait permettre de relier la gare de Noisy Mont d’Est du RER A à un nouveau quartier d’affaires Maille-Horizon-Nord de Seine-Saint-Denis. Mais, celui-ci n’a jamais vu le jour à la suite de la faillite du promoteur immobilier. La petite ligne ne verra jamais passer le moindre voyageur.

    Aujourd’hui, si la plupart des voyageurs du RER A l’ignorent, le mini-métro est toujours là, derrière une simple porte noire, abandonné aux tagueurs et amateurs d’explorations urbaines. Avec ses deux stations, son tunnel de 518 m de long et ses cabines, le site offre un large espace mystérieux.

    Le mini-métro va bientôt rejoindre définitivement les oubliettes de l’histoire des transports publics et du patrimoine ferroviaire de la banlieue parisienne. Une ultime visite a été organisée en octobre 2023. L’ensemble doit devenir prochainement un tiers-lieu de 2 500 m2 baptisé Station K. La municipalité de Noisy-le-Grand a en effet confié à la Société publique locale d’aménagement, d’équipement et de rénovation des communes de Noisy-le-Grand, Gournay-sur-Marne et du territoire Grand Paris Grand Est (Socaren) un important projet de réhabilitation. Le site devrait alors accueillir un restaurant, un espace de bureau partagé, des espaces de loisirs, des évènements culturels récurrents et même un mur d’escalade de 9 m de haut ! Le nouveau lieu doit ouvrir ses portes à l’horizon 2026.

    L’ancien tunnel du mini-métro doit devenir un tiers-lieu à l’horizon 2026. Crédit : © Chris93 – Wikimedia Commons

    Le Téléscaphe de Marseille

    À l’entrée de la calanque de Callelongue, située à l’extrémité sud-est du VIIIe arrondissement de Marseille, dans le quartier des Goude, d’étonnants vestiges témoignent d’une histoire méconnue. Ces restes de mécanismes sont ceux d’un téléphérique sous-marin. Construit dans les années 1960, il fut nommé « téléscaphe », (un engin entre le « téléphérique » et le « bathyscaphe ») par James Couttet, un ancien champion de ski, et Denis Creissels, un ingénieur spécialisé dans la construction de remontées mécaniques.

    Ses cabines vitrées permettaient aux visiteurs de découvrir les fonds marins au cours d’une traversée à dix mètres de profondeur, sur une distance de 500 mètres aller-retour au pied du cap Croisette, le Téléscaphe devait permettre aux visiteurs de découvrir les fonds marins de la baie de Marseille sans se mouiller. Il faut alors débourser 12 francs pour quinze minutes d’immersion. Il en coûterait aujourd’hui environ 75 euros pour un couple avec enfant…

    A l’époque de sa construction, le commandant Cousteau était parvenu à fasciner le grand public avec son film documentaire Le monde du silence, réalisé avec Louis Malle, et sorti en 1956 dans les salles obscures. Il reçut la Palme d’or au festival de Cannes et l’Oscar du meilleur film documentaire. Le film a un retentissement immense et crée un engouement important pour la plongée sous-marine.

    Inauguré le 26 juin 1967, le Téléscaphe accueille près de 30 000 visiteurs en seulement une année d’ouverture. Mais les coûts d’exploitation et d’entretien trop élevés n’ont pas permis à l’entreprise de trouver la rentabilité souhaitée…

    Les vestiges du Téléscaphe. Crédit : © Maviesurmars – Wikimedia Commons
  • Le festival des Ardentes, sans prendre sa caisse !

    Le festival des Ardentes, sans prendre sa caisse !

    Une programmation haute en couleurs ! 🌍

    Cet été se tiendra la 17e édition du festival des Ardentes. Il aura lieu à Liège, en Belgique, les 3,4,5 et 6 juillet 2025.

    Avec des noms internationaux tels que Young Thug, David Guetta, J Balvin ou encore Vladimir Cauchemar, ce festival a su créer un engouement particulier chez les jeunes. Rassemblant, plus de 200.000 festivaliers sur les 2 dernières éditions, leur programmation est leur plus grand atout.

    De grands noms francophones comme Damso, Gims, Gazo, Kaaris, La Fouine, Ninho & Niska, SCH, Tiakola, et Tayc, pour ne citer qu’eux ; témoignent de la grande variété du public.

    Aller aux Ardentes 🚆

    Depuis la France 🇫🇷

    Cela pose donc la question du déplacement, que les organisateurs ont anticipé avec la mise en place de navettes, ou encore de réductions sur les billets de train.

    Si vous venez depuis la France en train, vous devrez emprunter l’Eurostar. Au départ de Paris, le trajet en train devrait vous coûter 115€* avec une arrivée le 2 juillet, et un retour sur la capitale française pour le 6 ou le 7 juillet. De quoi vous laisser le temps de vous préparer avant, et vous reposer après le festival. [ndlr. Un retour prévu pour le 8 juillet vous permettrait d’avoir un aller/retour pour 87€]

    Depuis la Belgique 🇧🇪

    Au départ de la Belgique, une opportunité s’offre à vous. Avec l’achat d’un ticket festival, un code “SNCB” vous sera attribué directement sur ledit ticket. Ce code vous permet pour tout achat reliant une gare belge à celle d’Ans, où se tiendra le festival, d’obtenir 50% de réduction sur votre trajet en train sur le site de la SNCB (attention : cette offre est valable uniquement du 2 juillet au 7 juillet).

    La gare d’Ans, depuis laquelle des navettes gratuites feront la liaison entre ladite gare, le camping et le festival.

    Si vous arrivez depuis le centre de Liège, pas de panique. Des navettes gratuites reliant le centre-ville au festival sont également mises à disposition.

    *prix constaté le 23/04/2025 sur le site SNCF Connect.

  • Week-end à Bayeux

    Week-end à Bayeux

    À deux heures de Paris en train, Bayeux offre le temps d’un week-end un condensé de la culture et de l’histoire de la Normandie. Cité médiévale préservée, ses musées nous offrent un voyage dans le temps de l’époque gallo-romaine à la Seconde Guerre mondiale, en passant par Guillaume le Conquérant et l’époque moderne.

    En sortant de la gare de Bayeux, au cœur du Bessin, il suffit d’accomplir quelques dizaines de mètres pour faire un saut dans le temps et plonger dans l’histoire de la Normandie. Contrairement à nombre de ses voisines comme Le Havre, Caen ou Saint-Lô, Bayeux, pourtant au cœur des combats du débarquement, est sortie pratiquement indemne de la guerre. La cité médiévale est encore debout. Ses maisons à colombage, ses hôtels particuliers, ses églises, ses ruelles : la ville a su préserver ses charmes. Direction le Musée d’Art et d’Histoire Baron-Gérard, où les collections rappellent ce long passé. Étonnamment peu fréquenté, ce musée regorge pourtant de trésors : 800 pièces archéologiques ou ethnographiques, près de 600 œuvres d’art dont 250 peintures et estampes et plus de 2 500 porcelaines et dentelles, deux productions qui ont fait la richesse et la renommée de Bayeux. Dans le musée, nous remontons ainsi une histoire qui débuté à l’époque gallo-romaine, au début du Ier siècle. La cité se nomme alors Augustodurum, un hommage à l’empereur Auguste. Elle devient un carrefour important et s’entoure de remparts au IIIe siècle, un castrum de 400 m de côté. Intégrée en 924 au domaine du chef viking Rollon, premier duc de Normandie, elle devient – après Rouen – la ville la plus importante de la région. Durant la période médiévale, Bayeux connaît se développe et plusieurs bourgs apparaissent à l’extérieur de l’enceinte.

    Édifiée en Pierre blanche de Caen, la cathédrale Notre-Dame de Bayeux domine le centre-ville et permet aux visiteurs de se repérer. Fondée par l’évêque Hugues d’Ivry au XIe siècle, sur le site d’un ancien sanctuaire romain, sa construction a débuté en 1047, sous l’épiscopat d’Odon de Conteville, demi-frère de Guillaume le Conquérant. La cathédrale a été consacrée le 14 juillet 1077 en présence du célèbre duc de Normandie. Son architecture gothique normande laisse la place à quelques éléments de style roman, notamment dans la crypte et certaines parties de la nef. Des rénovations et des ajouts importants ont été réalisés aux XIIe et XIIIe siècles. Au XIXe siècle, la cathédrale a subi une importante campagne de restauration dirigée par Viollet-le-Duc.

    Le premier reportage de guerre

    Longtemps, elle a accueilli la tapisserie de Bayeux, qui était exposée dans la nef à l’occasion des grandes fêtes religieuses. Aujourd’hui, celle-ci s’admire dans un musée qui lui est consacré, dans une salle dédiée, où les photos sont interdites et l’humidité contrôlée. Inscrite au registre « Mémoire du Monde » de l’UNESCO, elle attire de nombreux visiteurs, notamment venus de Grande-Bretagne. Des groupes d’écoliers et des familles traversent la Manche en nombre pour venir découvrir cette part de leur histoire qui s’est déroulée hors de leurs îles.
    La tapisserie de Bayeux est peut-être le premier reportage de guerre de l’histoire de l’humanité. Elle détaille étape par étape les événements qui ont conduit Guillaume duc de Normandie à conquérir le trône d’Angleterre, en infligeant une défaite mémorable à l’armée saxonne dans les collines près de la petite ville d’Hastings, le 14 octobre 1066. Les historiens ont, avec ce témoignage direct des événements de l’époque, une formidable source d’information. C’est ainsi grâce à la tapisserie qu’ils ont découvert la forme des boucliers et des épées utilisés par les guerriers normands.

    Dans le musée mémorial de la Bataille de Normandie. Crédit : © S. Delziani

    Une autre guerre a marqué la ville. Première ville libérée par le débarquement des Alliés le 7 juin 1944, Bayeux devient le siège de l’administration du gouvernement provisoire que De Gaulle installe dès le 14 juin. C’est ici que le général prend son premier bain de foule. Bayeux entretient la mémoire de cette période à travers plusieurs sites regroupés sur la « Liberty Alley ».

    80 ans de mémoire

    Le lendemain, direction le Musée mémorial de la Bataille de Normandie. Installés devant le musée, canon, dent de dragon, véhicules blindés annoncent que nous sommes arrivés à destination. Le musée est installé en bordure du centre-ville. Un peu à l’écart de l’animation. A l’intérieur, de nombreuses armes, des reconstitutions et tous ces objets insolites ou usuels utilisés par les soldats dans leur quotidien de militaires.

    Non, loin de là, le plus grand cimetière britannique de la Seconde guerre mondiale attire les visiteurs venus rendre hommage à ces jeunes hommes, fauchés dans la fleur de l’âge, pour libérer l’Europe du joug nazi.

    Tous les ans depuis 1994, le prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre est décerné aux journalistes qui nous permettent de bénéficier d’une information indépendante dans des conditions périlleuses. Honorant ces pionniers reporters de guerre, la ville de Bayeux a édifié un monument en leur honneur.

    Le quartier des Tanneurs s’étend sur les rives de l’Aure. Crédit : © S. Delziani

    Après cette plongée dans la violence et le chaos de la guerre, c’est l’heure de se mettre au vert pour achever ce week-end. Nous sommes dans l’ancien quartier des tanneurs. C’est le long de la rivière que battait le cœur de la cité médiévale. Aujourd’hui, l’Aure offre une belle promenade au fil de l’eau, rythmée par la rotation des moulins. Deux pas de côté et on longe la rive de la rivière, dérangeant seulement les canards, les libellules et les mésanges.

    S. Delziani

    Pour venir

    • Les trains directs depuis la gare Saint- Lazare accomplissent le voyage jusqu’à Bayeux en 2 h 10. Depuis Caen, 27 trains desservent la ville, dont les plus rapides font le trajet en 15 minutes. www.ter.sncf.com/normandie
    • La plupart des points d’intérêt sont facilement accessibles à pied depuis la gare, mais il existe également un réseau de bus baptisé Bybus.

    Où manger

    • A deux pas de la cathédrale, L’Alcôve propose une cuisine bistronomique de qualité. Au déjeuner, une formule à prix doux à déguster en terrasse avec vue sur le monument religieux.
    • Un marché se tient le mercredi rue Saint- Jean et un autre le samedi matin place Saint-Patrice. On y trouve tous les produits du riche terroir normand. Le plus dur est de choisir.

    Que faire

    • Pendant tout l’été, une navette permet de visiter à partir de Bayeux les plages du Débarquement. L’occasion de visiter les cinq plages baptisées avec les noms de code Utah Beach (secteur américain), Omaha Beach (secteur américain), Gold Beach (secteur britannique), Juno Beach (secteur canadien) et Sword Beach (secteur franco-britannique).
    À partir de 5 euros la journée.

    Adresses utiles

    Installée dans l’ancienne halle aux poissons, l’office du tourisme de Bayeux propose une large documentation. Rue Saint-Jean. Tél. : 02 31 51 28 28.

    Musée de la Tapisserie. 13bis, Rue de Nesmond. Attention, le musée le la Tapisserie de Bayeux fermera ses portes au public à partir du 1er septembre 2025 pour permettre plusieurs travaux. Réouverture prévue en octobre 2027. La Tapisserie de Bayeux ne sera pas visible pendant cette période.

    La célèbre tapisserie de Bayeux. Crédit : © S.Maurice – Bayeux Museum

    Musée d’Art et d’Histoire Baron-Gérard. 37, rue du Bienvenu.Tél : 02 31 51 25 50.

    Musée Mémorial de la Bataille de Normandie. Boulevard Fabian Ware.

  • Nouveau pass JR East de 10 jours

    Nouveau pass JR East de 10 jours

    Bien moins onéreux que le pass global valable dans tout le Japon, le pass JR East permet d’emprunter les lignes JR East, le Tokyo Monorail, la ligne Izu-Kyūkō, la ligne Aoimori Railway, la ligne Iwate Galaxy Railway (IGR), la ligne Sendai Airport Transit, les voitures ordinaires des trains limited express « Nikkō-gō », « Kinugawa-gō » et « Spacia Kinugawa-gō » qui circulent à la fois sur les lignes exploitées par JR East et Tobu Railway (avec des suppléments sur certaines lignes de la Tobu).

    Réservé aux seuls touristes étrangers, le pass est initialement limité à cinq jours, il est maintenant disponible en version 10 jours. Le pass JR East coûte 30 000 yens (186 euros) pour cinq jours d’utilisation. En version 10 jours, il est disponible à 45 000 yens (279 euros).

  • Voyage. Laos, le pays qui découvrait le train

    Voyage. Laos, le pays qui découvrait le train

    Pays enclavé d’Asie du Sud-Est, sans accès à la mer, le Laos fut longtemps le pays du monde avec le moins d’infrastructures de transport. Mais depuis décembre 2021, la ligne de chemin de fer du Lao China Railway traverse le Nord du pays sur 414 km entre la frontière chinoise et la capitale Vientiane, non loin de la frontière avec la Thaïlande.

    Sur le quai, à chaque nouveau départ, le même rituel. On prend la pause devant la voiture, des compagnons de voyage immortalisent cet instant historique : le tout premier trajet en train. Certains ont une petite appréhension au moment d’embarquer à bord de leur voiture. Des hôtesses, masquées et portant des lunettes de protection, donnent les consignes avec fermeté. Les hésitants s’engouffrent finalement dans la voiture, pressés par d’autres voyageurs plus sûrs d’eux. L’automotrice à la livrée rouge, blanche et bleu – les couleurs du drapeau laotien – peut accueillir jusqu’à 720 passagers. Elle vient de Boten, dans le nord du pays, à la frontière chinoise et se dirige vers Vientiane, la capitale.

    Le Laos découvre le train. A l’intérieur, l’émerveillement est toujours d’actualité. Ici, la plupart des voyageurs ne sont pas blasés, ils ne vivent pas leur trajet plongé dans leur téléphone portable ou dans les bras de Morphée. Si les téléphones portables sont sortis, c’est pour se prendre en photo confortablement installé à sa place ou pour filmer le paysage qui se déroule sous leurs yeux. La vitesse est grisante. 160 km/h en vitesse de pointe (le réseau permet également aux trains de fret de rouler jusqu’à 120 km/h). Si on est loin de la grande vitesse ferroviaire, ces performances représente un bond immense pour le pays. Jamais un transport terrestre n’était allé aussi vite au Laos. Les trains circulant sur la ligne Vientiane – Boten offrent aux voyageurs trois catégories de prix. Voiture de 1ʳᵉ et 2ᵉ classe pour les automotrices et classe normale pour les trains ordinaires, plus lents. Les prix sont élevés. Par exemple, pour un aller entre Vientiane et Luang Prabang, la 1ʳᵉ classe coûte 383 000 Kip (près de 21 euros), la 2nde classe 242 000 kip (13 euros) et la place dans un train ordinaire 172 000 kip (9,40 euros). Des sommes que la plupart des Laotiens ne peuvent pas payer. Le train reste aujourd’hui réserver aux classes moyennes supérieures et aux touristes. Mais, l’arrivée du train a bouleversé le paysage du Nord du pays et imprime de sa présence la rétine du paysan qui cultive sa terre comme celle du commerçant qui attend un chargement venu de Chine.

    Gain de temps

    Avant le train, le trajet entre Vientiane et Vang Vieng durait 4 heures contre un peu plus d’1 heure aujourd’hui, tandis que celui entre la capitale et Luang Prabang s’accomplissait en huit heures. Un voyage pénible, surtout pendant la saison des pluies, sur la vieille route nationale 13, construite par les Français dans les années 1930, portant alors le nom de « route coloniale 13 ». En train, l’ancienne capitale n’est plus qu’à 2 h 05 de l’actuelle. Jusqu’à la fin des années 1990, le Laos était considéré comme le pays comptant le moins d’infrastructures de transport du monde. A part quelques routes construites à l’époque de l’Indochine française, les principales voies de communication du pays étaient alors le Mékong et quelques-uns de ses affluents. La section laotienne du fleuve est longue de près de 2 000 km dont 1 865 km sont navigables quand les eaux sont hautes.

    Avec le rail, le gain de temps est encore plus marqué en direction du Nord. Ainsi, pour rejoindre la ville de Luang Namtha, capitale de la province du même nom, les voyageurs devaient entreprendre un long périple qui pouvait durer plus de deux jours selon l’état des routes (la saison des pluies aggravant tous les ans les conditions de circulation). En train, Luang Namtha n’est plus qu’à 3 h 17 de la capitale !

    La section laotienne de l’infrastructure relie Vientiane à Boten, petite ville à la frontière avec la Chine où la ligne rejoint Kunming via Mohan, Puer et Yuxi. Longue de 414 km (sur une ligne de plus de 1 000 km), elle constituait, à l’occasion de sa mise en service le 3 décembre dernier, la première grande ligne de chemin de fer de ce pays enclavé. Une petite ligne de 3,5 km reliait certes la gare thaïlandaise de Nong Khai à son homologue laotienne de Thanaleng permettant ainsi de franchir la frontière en quelques minutes depuis mars 2009. Opéré par les chemins de fer thaïlandais (SRT), il a repris ses deux circulations quotidiennes en septembre dernier après une longue interruption à cause des restrictions sanitaires Covid. Les autorités laotiennes ont d’ailleurs supprimé toutes les restrictions d’entrée sur le territoire au début du mois de janvier 2023.

    Contrôle des billets dans le train qui relie Vientiane à Boten.

    Un chainon des Nouvelles routes de la soie

    A terme, cette nouvelle ligne de chemin de fer doit permettre à la Chine d’accéder au gold de Siam et au réseau ferré de l’Asie du Sud-Est en permettant la liaison ferroviaire entre Kunming, capitale de la région chinoise du Yunnan et Singapour via la Thaïlande et la Malaisie. 

    Les travaux ont débuté en 2016. Le 20 octobre 2021, les premiers essais ont commencé sur la future ligne de chemin de fer qui relie aujourd’hui Vientiane à Boten, petite ville à la frontière avec la Chine avec la circulation d’un premier train parti de la capitale laotienne. Boten était jusqu’en 2011 – année de l’interdiction des casinos – une petite bourgade frontalière entièrement tournée vers les jeux d’argent. 10 ans après, la prospérité semble y être de retour. Première gare en territoire laotien, Boten a vocation à devenir un hub important. Yunnan Haicheng Industrial, groupe privé chinois, y a décroché une concession de 50 ans et espère y attirer les entreprises chinoises. Alors que le gouvernement chinois vient de lever toutes les restrictions liées au Covid, la Zone économique spéciale (ZES) devrait prospérer. De ces confins septentrionaux, la ligne de chemin de fer transperce des montages, franchit le Mékong juste au nord de Luang Prabang avant de découvrir la plaine jusqu’à la capitale Vientiane juste après Vang Vieng.

    En absence d’une culture ferroviaire dans le pays, les autorités ont dû lancer des campagnes de prévention sur les dangers du rail. Ainsi, avant la mise sous tension de l’infrastructure, Il a été conseillé aux résidents vivant à proximité du chemin de fer de rester à l’écart des caténaires et des installations électriques. Les autorités ont également rappelé qu’il était interdit de traverser n’importe quelle partie des chemins de fer, sauf aux passages autorisés. Ce qui peut sembler une évidence dans les pays du train est résolument nouveau au Laos…

    Luang Prabang, un patrimoine unique

    Nous sommes en gare de Luang Prabang, la deuxième plus grande du Laos après celle de la capitale Vientiane. Immense construction de verre et de métal, son architecture s’inspire (librement) du célèbre Vat Xieng Thong, un temple de Luang Prabang bâti au XVIe siècle. La gare a été édifiée assez loin de la ville. Il faut près de 30 minutes en bus pour relier le centre historique.

    Dans son histoire Luang Prabang a plusieurs fois été mise à sac.  La dernière fois, en 1887, ce fût par d’anciens soldats chinois expulsés au Tonkin à la suite de la révolte des rebelles Taiping regroupés au sein de l’alliance des Pavillons noirs. La ville est ensuite brièvement occupée par les troupes du roi de Siam. Le Royaume de Luang Prabang est né de la division en trois entités du Royaume du Lane Xang (Royaume du Million d’éléphants), le premier État unifié sur le territoire du Laos fondé au XIVe siècle par le prince Fa Ngum (les deux autres royaumes créés à la chute du Lane Xang en 1707 étant le Royaume de Vientiane et le Royaume de Champassak). Il devient alors un protectorat français en 1893 pour échapper à l’annexion par la Thaïlande. Malgré les destructions des guerres successives qui ont jalonné son histoire l’ancienne capitale entretient aujourd’hui encore un patrimoine religieux immense. Au XVIIIe siècle, la ville comptait 65 monastères. Il en reste aujourd’hui une trentaine, dont 22 dans le secteur sauvegardé. Caractérisé par ses immenses toits pointus en tuiles plates – deux ou trois selon les temples – qui descendent par plans successifs jusqu’à quelques mètres du sol, le style de Luang Prabang s’oppose à ceux de Vientiane et de Xieng Kouang.

    Préservé des bombardements, le patrimoine religieux de Luang Prabang est d’une incroyable richesse.

    Difficile d’accès et préservée des bombardements américains de la « guerre secrète », Luang Prabang est classée en 1995 au Patrimoine mondiale de l’humanité de l’Unesco qui considère la ville comme « la mieux préservée d’Asie du Sud-Est ». Bâtie sur une péninsule formée par le Mékong et la rivière Nam Khan, elle est cernée par des montagnes comme les monts Phou Thao et Phou Nang. Pour apprécier la beauté du site, il suffit de monter en haut du mont Phousi, où un stupa a été construit au début du XIXe siècle. Tous les soirs, à l’heure du coucher de soleil, les touristes sont nombreux à avaler les quelque 300 marches qui mènent au sommet.  Si vous vous voulez profitez d’un peu de quiétude, effectuez l’ascension tôt le matin. En plus de la tranquillité, la montée s’effectue alors quand la température est la plus fraiche. Les vieilles maisons chinoises, les temples et les stupas étincelant dans le soleil, les grandes maisons coloniales françaises fraichement restaurées, la vie au rythme de l’eau le long des rives du Mékong et de la Nam Khan :  la ville a un incroyable charme. Pierre Desproges, dont le père dirigeait l’école primaire de la ville, a passé une année à Luang Prabang. L’humoriste – plutôt pudique sur son enfance – confiait peu avant sa mort : « Je n’ai jamais revu dans ma vie d’endroit aussi merveilleux ». La maison des Desproges, une maison classée du centre historique de la ville, a été rénovée dans les années 2000 et accueille aujourd’hui les locaux de l’Institut de France.

    Depuis que des vols directs permettent d’accéder à l’ancienne capitale, celle-ci est devenue un important centre touristique. Des pensions et des hôtels ont ouvert un peu partout en ville et aux alentours. Mais la crise sanitaire est passée par là. Partout, des panneaux « à vendre » et des devantures closes. Alors que la ville accueillait 450 000 touristes en 2019, un record !

    Une gare comme un aéroport

    Comme la plupart des gares construites sur cette nouvelle ligne, la gare est immense et semble surdimensionnée par rapport au nombre de trains qui y passent. A l’instar des autres gares du réseau, on ne pénètre pas librement dans l’enceinte ferroviaire. Un imposant dispositif de sécurité – semblable à un aéroport – filtre les voyageurs, passe leurs bagages aux rayons X et contrôle leur identité. L’alcool étant interdit dans les gares et dans les trains, même les bouteilles de gel hydroalcooliques sont confisquées…L’expérience globale de la gare laotienne ressemble à celle que le voyageur vit dans n’importe quel aéroport.

    Le trajet jusqu’à Vang Vieng est court – quelques dizaines de minutes, mais spectaculaire. Le relief a obligé les ingénieurs à construire de nombreux ouvrages d’art. Sur l’ensemble de la section laotienne de la ligne, ce sont 167 ponts et 75 tunnels qui ont vu le jour. Près de 47 % du parcours sur la section laotienne de la ligne s’accomplit ainsi à travers ces tunnels qui effacent les montagnes. Quand, l’un d’entre eux s’achève, le paysage explose. Montagne, jungle dense, rizière, çà et là des villages formés de quelques maisons en bois au milieu desquelles jouent les enfants, volettent quelques poules, grognent quelques cochons.

    La gare de Luang Prabang.

    Le nouveau visage de Vang Vieng

    La gare de Vang Vieng est également assez loin du centre de la petite bourgade, mais offre dès la sortie du train une vue magnifique sur la région. Après une dizaine de minutes de trajet accompli en voiture, la petite ville apparait, dominée par d’imposants pitons de roche karstiques, d’où émergent une végétation luxuriante et touffue.

    Simple étape entre Luang Prabang et Vientiane depuis le XIVe siècle, Vang Vieng s’est développé une première fois quand l’armée de l’air américaine y a établi une base en soutien au pouvoir royaliste établi à Luang Prabang.

    Puis, Vang Vieng est devenu à la fin des années 1990 une étape de choix dans le parcours des routards recherchant fêtes débridées et drogues abondantes et peu chères. Le village endormi est rapidement devenu méconnaissable, l’économie locale dépendant de ce tourisme particulier. Des bars se sont installés sur la Nam Song pour accueillir les fêtards qui descendaient la rivière sur des chambres à air de roues de camion. Des tyroliennes s’étirant entre les rives de la rivière sans aucune précaution de sécurité. A l’époque plus de 150 000 voyageurs visitaient le village tous les ans, dont un certain nombre ne revenaient pas vivants. Les habitants surnommaient ces hordes « les zombies ». Overdoses, accidents de la route, noyades : des dizaines de touristes y ont perdu la vie. Rien qu’en 2011, 27 touristes sont officiellement décédés à Vang Vieng ! Le bilan est a priori plus important, car la plupart des décès liés à la consommation excessive de produits stupéfiants étant rarement comptabilisés. Aujourd’hui, les pêcheurs locaux pensent que le lieu est hanté par les fantômes de tous ces jeunes morts dans la Nam Song…

    La région de Vang Vieng offre une multitude de promenades et de randonnées.

    Le gouvernement laotien a fini par prendre des mesures sous la pression de plusieurs chancelleries occidentales. En août 2012, les autorités ferment les bars sur la rivière, puis autorisent leur réouverture mais en limitant leur nombre. Depuis, la ville a amorcé un changement important en tentant d’attirer un nouveau public, notamment venus des pays asiatiques. De nombreux Coréens ont notamment fait de la ville une destination de choix à la suite du succès d’une série de téléréalité tournée dans la région en 2014. Vang Vieng s’est assagi et pari aujourd’hui sur ses beautés naturelles. La bourgade semble également vouloir devenir la destination laotienne phare des activités « funs ». Location de buggys, baptême de parapente et même tour de montgolfière pour embrasser d’un regard l’incroyable paysage karstique qui enserre la ville. Des nouvelles activités ont vu le jour autour de Vang Vieng comme l’escalade de cascades, la descente en rappel des pitons kartisques ou encore la tyrolienne sur des sites aujourd’hui sécurisés. Les randonnées et les visites des nombreuses grottes de la région et des « lagons » aux eaux cristallines valent le détour à Vang Vieng. La petite ville permet de profiter de quelques jours dans la nature avant de partir vers la capitale Vientiane.

    A travers la plaine

    Départ à 14 h 43 de la gare de Vang Vieng. Très rapidement, juste après un court tunnel, on pénètre dans un nouveau paysage. Les montagnes s’adoucissent, deviennent des collines, la végétation devient plus luxuriante, la chaleur semble accabler encore un peu plus la plaine. Dans une petite heure, nous sont serons arrivés à Vientiane Station.

    En cette saison des pluies, les rizières sont inondées et reflètent le ciel et ses nuages lourds de la mousson. Des hommes, des femmes, des enfants travaillent les pieds dans l’eau. Dominé par des montagnes aux sommets arrondis et couvertes d’une jungle touffue où, ici et là, des buissons de bambous percent la canopée. De juin à octobre, l’Asie du Sud-Est se pare de toute la palette du vert. On parle alors de « saison verte ».

    Arrivée en gare de Vientiane, les voyageurs quittent rapidement le quai. Sauf quelques-uns d’entre eux qui tentent de prendre une dernière image du train, prise face à la motrice. Mais, des agents de sécurité interdisent formellement cette partie du quai. La déception s’atténue rapidement avec une dernière pose devant le train. Déjà, des agents d’entretien, reconnaissables à leurs polos jaunes, investissent chaque espace. La gare doit être en permanence immaculée.  

    Vientiane, une capitale en mutation

    Fondée au XVIe siècle pour devenir la capitale du Lane Xang, Vientiane a connu une histoire mouvementée. Occupé par les Thaïs, ravagé par les Birmans, puis capitale du protectorat français, elle a aussi subi les affres de la guerre civile. Les différentes influences – Français, Vietnamiennes et surtout Chinoises – sont toujours bien visibles.

    Au détour d’une vieille villa française du XIXe siècle, j’aperçois la place de la Fontaine et peine à le reconnaitre. Elle est complètement transformée. Un skate park y a même élu domicile !

    La capitale laotienne a beaucoup changé ces dernières années. Elle s’est élevée avec la construction de buildings. Dans le centre, les trottoirs ont été refaits et il passe plus de voitures dans une rue en une heure que dans toute la ville en une semaine à la fin du XXe siècle. Les investissements chinois ont transformé son visage, notamment sur la rive du Mékong, une imposante promenade bétonnée a vu le jour. Tout comme un temple taoïste. Les familles s’y promènent en fin d’après-midi, font des emplettes dans le marché qui s’y tient tous les soirs. Des grappes de sportifs suent ensemble à l’occasion de séances d’aérobic, dirigées à un rythme effréné par des coachs sur-vitaminés. Malgré la chaleur et le taux d’humidité record, des sportifs effectuent des exercices ou du jogging. Une petite fête foraine a également élu domicile le long du fleuve, les cris de joie des enfants remontant par vague vers la promenade.

    Installé au coin des avenues Lan Xang et Khu Vieng, le Talad Sao – le marché du matin – a été partiellement remplacé par un petit centre commercial (dont la plupart des stands étaient fermés au moment de notre visite, la crise sanitaire étant passée par là).

    A Vientiane, le stupa doré du Pha That Luang demeure l’emblème du pays.

    Le chemin de fer, cadeau empoisonné de la Chine ?

    La construction de cette ligne nouvelle a un prix. Et il est élevé. L’endettement total, domestique et extérieur, a atteint en 2021 88 % du PIB selon la Banque mondiale, ce qui est moins que la France. Mais, pour un pays comme le Laos, cette dette est pratiquement insoutenable. Son poids pour l’économie de ce petit pays enclavé et faiblement peuplé (un peu plus de 7 millions d’habitants) pose question. Les services de la dette s’élèveront à 1,3 milliards de dollar par an entre 2023 et 2026 faisant craindre un possible défaut de paiement. D’ailleurs, l’agence de notation Fitch a déclassé en août dernier la note du pays.

    La Chine est le premier investisseur étranger dans le pays. Selon le ministre laotien de la Planification et de l’Investissement, Khamjane Vongphosy, repirs par le quotidien laotien The Vientiane Times dans son édition du 19 juillet dernier, ces investissements cumulés représentent près de 15,8 milliards d’euros. En tout ce n’est moins de 833 projets qui sont financés par le puissant voisin toujours selon le ministre. L’autoroute Vientiane-Vang Vieng, la première du pays, zones économiques spéciales (ZES) à Boten, à Bokéo, dans le district de Ton Pheung au cœur du Triangle d’or, dans la périphérie de Vientiane, réseau électrique, barrages et centrales hydroélectriques et surtout la ligne de chemin de fer Boten – Vientiane, dont le coût global est estimé à 5,9 milliards de dollars (5,4 milliards d’euros). Le Nord du pays est transformé en profondeur par la Chine, qui dispose avec ses ZES de véritables enclaves chinoises au cœur du Laos. On y paye en Yuan, on y parle Mandarin ou Cantonais et la très grande majorité des gens qu’on y croise viennent de l’autre côté de la frontière.

    La Chine a surtout investi au Laos à partir de 1997, profitant de la crise économique qui secoue alors la Thaïlande, à l’époque principal partenaire économique du pays, pour prendre sa place de partenaire privilégié. Une tendance qui devrait s’accentuer dans le futur… Avec la nouvelle ligne de chemin de fer, le Laos devient le premier pays connecté au réseau ferré chinois grâce à une technologie chinoise.

    Un restaurateur français d’origine laotienne explique sous couvert d’anonymat : « Le Laos s’est beaucoup développé, mais la présence chinoise est de plus en plus forte. Je crains pour l’indépendance du pays… Bientôt, ce sera la Chine ici. Le Laos est un petit pays… C’est impossible pour le gouvernement laotien de refuser quoi que ce soit aux Chinois. En plus, les gens sont en colère. Les chantiers financés par la Chine ne profitent pas aux Laotiens. Tous les emplois sont occupés par des Chinois. »

    Cette peur diffuse d’une perte de souveraineté revient souvent chez nos interlocuteurs laotiens. Le pays entretient depuis toujours avec ses puissants voisins des relations tendues. Birmans, Thaïs, Vietnamiens, Chinois ont tenté d’asservir le Laos.

    Le rail, avenir économique du Laos ?

    Le pays partage des frontières avec le Cambodge (541 km) au sud, la Chine (423 km) au nord, la Birmanie (235 km) au nord-ouest, la Thaïlande (1 754 km) à l’ouest, et le Viêt Nam (2 130 km) à l’est. Le pays pourrait profiter de cette position stratégique pour devenir un carrefour important des échanges dans la région. A condition de disposer d’infrastructures de transport et de communication efficaces et fiables. Dans ce contexte, la mise en service de la nouvelle ligne de chemin de fer a changé la donne. Le Laos a acquis une réelle importance géostratégique. Les retombées économiques liées au tourisme sont également prometteuses.

    Au-delà de ces considérations économiques et politiques, le train est devenu une véritable source de fierté pour les Laotiens et marque pour beaucoup l’entrée du pays dans la modernité. Si la présence chinoise inquiète, tout comme le poids de la dette, l’avènement du rail offre à coup sûr de nouvelles opportunités pour un pays parmi les plus pauvres d’Asie.

    Samuel Delziani

  • Interrail, une solution pas cher pour les vacances d’été ! 

    Interrail, une solution pas cher pour les vacances d’été ! 

    Interrail, c’est au total 33 pays qui sont accessibles en train pour les résidents européens. À l’occasion des 50 ans de l’Union internationale des chemins de fer (UIC), cette initiative a été mise en place dans le but de promouvoir le rail comme moyen de transport pour les jeunes. Avec un pass Interrail de 5 jours, pour une durée de voyage cumulée de quasi 24 heures par exemple, c’est 90 % d’émission de CO2 en moins, que le même voyage en avion (détails à retrouver dans notre numéro consacré). Les offres débutent à 212€, une solution éthique pour se déplacer sur le Vieux Continent pour visiter de nombreux pays sans se ruiner pendant l’été, en train !


    Où aller ? :compass:

    9 villes d’Italie en 9 jours avec Interrail :it:

    Parmi les meilleurs bons plans, vous pouvez visiter 9 villes d’Italie en 9 jours avec le Interrail Global Pass 10jours. Avec un prix attractif dès 335€ vous pourrez passer par Milan, Bologne, Rome et même Pise depuis Paris (pour moins de 500€ en comptant la réservation des TGV). Le pass est utilisable sur une période de 2 mois à partir de l’activation du titre de transport.

    Barcelone, Madrid et plus. Voyager en Espagne en train :es:

    Un parcours espagnol existe également, notamment à travers les villes de Barcelone, Madrid, ou encore Valence. C’est au total 5 destinations, avec un prix débutant à 286€ pour le Interrail Global Pass 7jours, et 6 jours de voyages sur la Péninsule Ibérique. Comptez environ 100€ de plus en ajoutant les réservations de sièges, un indispensable si vous voulez absolument un trajet en TGV. Des alternatives existent afin de ne pas avoir à gonfler le prix du transport avec des réservations de sièges en TGV.

    Les capitales européennes en train, depuis Paris :flag-eu:

    Les possibilités sont multiples et vous pouvez multiplier les déplacements, Londres, Berlin, Madrid, sont accessibles avec un seul pass en repassant par Paris si vous êtes résident de la capitale française. Le tout avec un Interrail Global Pass 7jours si vous agencez bien vos trajets.


    Un engouement en constante évolution, puisqu’en 2023, plus d’un million de pass ont été vendu.

    Obtenir votre pass :ticket:

    Pour obtenir votre pass, rien de plus simple, rendez-vous sur le site Interrail.eu et sélectionner le Pass qui correspond à votre voyage (veillez à sélectionnez la bonne tranche d’âge, de belles économies peuvent être faites). Choisissez ensuite le support de votre pass (Dématérialisé ou physique : +10€), et votre formule d’assurance remboursement. Renseignez ensuite vos informations personnelles, puis passez au paiement.

    Eurail :earth_africa:


    Une alternative existe pour les résidents et ressortissants non-européens. Au niveau du prix, rien ne change, la différence est directement sur le pass. Le pays de résidence européen sera précisé sur le pass. Pass qui devra être accompagné d’un justificatif de présence légale sur le territoire (à savoir un document de séjour européen officiel) en cas de contrôle.